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 [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)

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Courtney Solas


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MessageSujet: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Lun 19 Juin - 7:04

2015. Une année comme les autres dans le grand ordre des choses. Pour moi, il s’agit du deuxième anniversaire de la prise de contrôle total de Greenville. Précisons que le tout s’est fait sans verser la moindre goutte de sang. Certaines personnes ont besoin qu'on leur dise quoi faire pour être réellement fonctionnelles. Ont besoin d’une main pour les guider. De quelqu’un vers qui se tourner. Et quand il s’agit d’une ville de quarante-neuf mille habitants, à une centaine et des poussières près, ce n’est pas « juste » une anomalie sur une carte qu’on peut ignorer. Le futur de ces individus est sculpté par ma personne. La perfection n’existe pas mais ici, il n’y a ni crime ni pauvreté. Tout le monde a un salaire confortable et une éducation. J’expérimente pour tenter de déterminer un modèle de société à grande échelle.

Les apparences sont maintenues, évidemment. Cette petite ville qui était condamnée à agoniser pendant des années puis mourir a été soudainement revitalisée par mon arrivée. Ces messieurs du gouvernement n’ont pas posé de questions, tant que les électeurs votent et que les citoyens paient leurs taxes. En fait, je doute que les fonctionnaires de ce pays aient même conscience que « Courtney Solas » est actuellement en charge de ladite ville et que cette femme n’existe dans aucun document, fichier ou archive. La bureaucratie est lourde, lente et inefficace. Il pourrait s’écouler un siècle ou deux avant que quelqu’un ne songe vraiment à creuser davantage la question. Ce qui nous amène à ceux qui ne sont pas du gouvernement et qui viennent mettre leur nez où ils n’ont pas d’affaire à le mettre. On ne vient pas déranger une expérience qui va si bien et qui est si prometteuse.

Il s’avère qu’un de ces « mutants » ces individus qui semblent avoir évolué différemment du « modèle de base » des Humains, a décidé de venir dans ma ville. Nous n’avons rien contre les étrangers et Greenville est très accueillante. Ce que nous ne tolérons pas, ce sont ceux qui veulent nous nuire. Délinquants, criminels, agitateurs… Il s’avéra que ce matin-là, un élève d’un établissement pour mutant est débarqué à Greenville. L’adolescent, rebelle et abandonné par ses parents qui avaient peur des pouvoirs dont il disposait, avait décidé de faire sa crise de vilain en herbe et avait décidé de retourner régler ses comptes soit un, assassiner ses parents, deux, mettre le feu à la ville (un pyromancien pyromane, quelle absence totale de surprise) et trois avoir soit une mort glorieuse dans un combat épique ou être considéré comme la nouvelle menace de l’heure.

Le seul petit hic c’est que personne n’entre ou ne sort de Greenville sans que je ne le sache. Manipuler la réalité permet d’ériger une sorte de bouclier ou de bulle autour d’une zone pour que les changements apportés dans ce champ de protection ne débordent pas sur le reste du monde. Je l’ai donc calmement confronté en lui faisant savoir que je ne tolèrerais aucune attaque contre mes loyaux sujets. Comme il fallait s’y attendre, il a refusé d’écouter, a tenté de m’attaquer et j’ai fait ce que j’ai jugé nécessaire. J’ai altéré la réalité pour lui prendre ce qu’il considérait comme la source de son malheur soit ses pouvoirs. Ou tout du moins, pour être exact, l’illusion qu’il avait perdu ses pouvoirs. Ce que je n’avais pas pu anticiper c’est que si quelqu’un traquait les signatures des mutants, ce petit tour pourtant fort simple allait faire disparaitre des radars notre trouble-fête.

Autrement dit, ceux qui dans l’établissement où il étudiait qui avaient la charge de surveiller leurs élèves allaient regarder un petit point qui clignote à Greenville et soudainement, le point allait disparaitre sans autre forme de procès. Ce qui naturellement allait mener à une investigation. Ce qui allait tout aussi naturellement amener au moins un indésirable dans mon bac à sable de quarante-neuf mille habitants. Moi? Je ne pensais déjà plus à ce jeune imbécile qui s’est retrouvé à attendre dans une cellule d’un poste de police d’avoir son procès pour avoir mis en danger des innocents et pour tentative de meurtre. La vie a continué de suivre son cours et rappelons que tout ce que j’avais fait, c’était manipuler l’esprit de ma « victime » et non pas la trame de la réalité même. De dommages permanents ou de sévices réels, il n’y avait absolument rien.

Je suis froide et impitoyable mais ne prenant plaisir dans strictement rien, pourquoi l’aurais-je torturé? Perte de temps stupide et inutile. Quelques heures plus tard, j’ai senti les signes avant-coureurs d’un problème. Une sorte de pressentiment. Certes, les Humains sont pour moi de la matière première comme n’importe quoi d’autre mais ce sont MES humains. Mes sujets d’expérience. Si quelqu’un doit briser mes jouets, ce sera moi et personne d’autre. Comme tout le monde à Greenville a un téléphone cellulaire, j’ai contacté d’un seul coup toute ma population pour leur demander d’être attentive à la sirène d’alarme, une relique d’une guerre passée pour avertir d’une attaque nucléaire. Insistant lourdement sur le fait que ce ne serait pas un exercice et que c’était dans le but de les protéger d’une potentielle menace imminente. Ne prenons pas de chances.

Ainsi, quand notre… Invitée… Est arrivée, ce fut non pas pour voir une ville fantôme avec des habitants barricadés dans leur maison ou des gens méfiants mais une scène parfaitement normale pour une agglomération urbaine. Des gens qui travaillent, qui magasinent, qui vivent normalement. Oui parce que petit conseil pour ceux qui veulent se la jouer tyrans et conquérants : quand les choses ont l’air trop louches, automatiquement vous attirez l’attention. Mieux vaut viser sur quelque chose de moins grandiose et de plus ordinaire mais qui va vous éviter des ennuis considérables. Vous gardez les éléments étranges et perturbants comme surprise pour bien déstabiliser votre ou vos adversaires. Comme il en sera fait la démonstration dans les minutes à venir, en fait. Préjugés et malentendus sont les principales causes de conflit et ce ne sera pas différent ici.

Pour un peu que vous soyez télépathe, vous remarquerez une sorte de connexion entre les gens. Un être humain ordinaire agit par libre arbitre, n’est-ce pas? Ici, bien que le libre arbitre soit présent, il se subordonnait à ce qui ressemble à une sorte de collectif. Comme une fourmilière ou une ruche d’abeille. Et si vous suivez le fil rouge, celui qui vous mène à la reine, vous allez arriver à la mairie, un bâtiment avec ses colonnes et son style d’un autre âge comme on en voit tant dans les villes des États-Unis et d’ailleurs. Et si vous êtes quelqu’un de passablement énervé parce qu’une personne sous votre charge a disparu, vous ne prenez pas la peine de prendre un rendez-vous, vous vous dirigez d’un pas vif vers le bureau du maire dont vous ouvrez la porte avec violence. Ce fut mon tout premier contact avec Jean Grey. La suite promettait d’être fort intéressante.


« Je ne me souviens pas avoir rendez-vous avec vous mademoiselle mais mon horaire n’étant pas trop chargé, je suppose que je peux vous accorder une audience. Courtney Solas, mairesse de cette charmante petite ville. Bienvenue à Greenville. Puis-je m’enquérir des raisons de votre visite? Non, non, messieurs. Pas la peine de sortir vos armes. Je suis sûr que notre visiteuse avait une raison valable de débarquer ainsi dans mon bureau. »


Dernière édition par Courtney Solas le Sam 22 Juil - 20:21, édité 1 fois
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Jean Grey


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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 21 Juin - 10:22

Il ne fallut pas bien longtemps à l'équipe d'enseignants de l'Institut pour être informée de la disparition de Jason. En effet, assez tôt dans la matinée, ses camarades étaient venues signaler son absence. Surpris de ne pas le trouver dans sa chambre et de constater l'absence de son sac à dos et de quelques effets personnels, ses amis s'étaient alors inquiétés pour lui. Depuis quelques temps déjà, Jason se montrait plus irritable et moins patient. Il n'avait de cesse de parler de ses parents, leur reprochant de l'avoir rejeté pour ce qu'il était, ressassant inlassablement la rancœur qu'il nourrissait à leur égard. Plusieurs fois, il avait parlé de retourner les voir pour réclamer des explications et leur montrer son point de vue. Si jusqu'à maintenant, il n'en avait rien fait, ce matin là, ses camarades craignaient qu'il ne se soit mis en route pour faire une bêtise. Avec un pouvoir comme le sien, combiné à son instabilité émotionnelle, c'était un coup à faire une nouvelle fois la une des journaux en cas d'incident.

Grâce au Cerebro, il n'avait pas été bien difficile pour le Professeur de le localiser. Comme tous s'y étaient attendus, il était en route pour Greenville, pour y retrouver ses parents. Mais un incident était survenu alors que Charles continuait de garder un œil sur son élève. La trace psychique de ce dernier avait soudainement disparu. C'était comme s'il s'était éteint, non pas pour cause de mort, mais plutôt comme s'il avait été placé sous une chape d'invisibilité … à dire vrai, Charles n'avait pas d'explication. Il savait simplement que Jason avait besoin d'aide. Ce fut pour cette raison qu'il demanda à Jean d'aller à Greenville, pour tirer toute cette affaire au clair, et ramener l'élève fugueur avant qu'il ne commette l'irréparable.

Alors qu'elle se préparait pour le départ, rassemblant quelques affaires, Scott vint la rejoindre. A l'expression déterminée qu'il avait sur le visage, Jean sut que leur conversation n'allait sûrement pas être des plus simples. Pourtant, elle fit comme si de rien n'était, jusqu'à ce qu'il finisse par être à côté d'elle et qu'il entame la discussion.

« Je vais t'accompagner. Ce sera plus sûr.

- Plus sûr ?, reprit-elle avec un ton amusé.

- Oui. On ignore ce qu'il se passe là-bas. Je n'aime te savoir y aller seule. »

Jean termina de déposer ses affaires dans le coffre de la voiture, refermant ce dernier dans le plus grand des silences. Puis, après quelques secondes, elle se tourna vers Summers, soupirant doucement.

« Scott, si le Professeur m'y envoie seule, j'ai confiance en son jugement. Tu seras sans doute plus utile ici.

- Je n'aime pas ça …

- Si tu veux … on en rediscute à mon retour »

En disant cette phrase, Jean s'était installée derrière le volant, mettant ensuite le contact. Après un rapide 'au revoir', elle laissa Scott derrière elle, observant son air désapprobateur dans le rétroviseur. Quelques heures plus tard, elle arriva à Greenville, passant le panneau de bienvenue en début d'après midi. Avec un peu de chance, cette affaire serait vite réglée, et elle serait de retour à l'Institut avec Jason avant la fin de la nuit.

Dés son arrivée en ville, Jean sentit une curieuse ambiance. A peine descendue de son véhicule, elle sentit tous les regards se poser à tour de rôle sur elle. Pourtant, elle préféra ne pas y prêter attention. Par les temps qui courraient, les gens avaient tendance à être méfiants avec les étrangers, et la plaque d'immatriculation de sa voiture trahissait clairement la provenance de la rousse. Toutefois, elle ne pouvait nier que cette manière de l'épier se faisait le plus discrètement possible, chacun continuant son activité, tout en jetant furtivement un coup d’œil sur l'étrangère, un coup en relevant la tête de son jardinage, une autre fois en écartant subtilement un pan de rideau, ou encore, en observant discrètement par dessus une paire de lunettes de soleil.

A son tour, Jean observa ce qui l'entourait. Une ville des plus calmes, presque une carte postal. Le cliché de la petite ville américaine, avec des allées entretenues, ses parterres fleuris, ses rues propres et sa population souriante et propre sur elle. La ville parfaite en somme … une ville de série télé … tout ceci était presque trop clean. Cette ambiance à la Pleasantville mit Jean un peu plus mal à l'aise qui sentit alors un frisson lui remonter le long du dos. Plus vite elle partirait d'ici, mieux ce serait.

Se concentrant, la télépathe tenta alors de localiser Jason. Même si son pouvoir ne couvrait pas toute la ville, elle irait toujours plus vite en agissant ainsi, plutôt qu'en errant dans les rues de la ville, dans l'espoir de tomber dessus par hasard. Dans un premier temps, elle ne trouva aucune trace de l'adolescent … dans un second temps non plus d'ailleurs. Mais à la place, elle remarqua autre chose. En effleurant les consciences des habitants de Greenville, elle fut surprise de constater une sorte de similitude. Le phénomène était si discret, comme un murmure sous la couche des pensées effectives, tel un parasite discret dans le subconscient, qu'elle ne le remarqua pas immédiatement. Il lui fallut bien sonder plusieurs dizaines de personnes avant de prendre conscience de cette anomalie. Mais une fois qu'elle mit le doigt dessus, elle put constater que c'était une constante chez toutes les personnes qu'elle scanna ensuite. Il y avait chez les habitants de cette ville une sorte de similitude psychique statistiquement impossible de manière naturelle et spontanée. Quelqu'un ou quelque chose avait implanté dans l'inconscient de ces gens une sorte de fil conducteur … un lien mental … agissant tel un esprit de la ruche.

En prenant conscience de ceci, Jean fut saisie d'un instant de panique. Cette ville, c'était l'invasion des profanateurs, pas Pleasantville ! Remontant dans sa voiture, la mutante démarra afin de remonter la piste de cet étrange lien mental. La rousse redoutait déjà que la disparition de Jason ait un rapport avec ce phénomène. Tout semblait indiquer que la source de cette emprise psychique se trouvait à l’hôtel de ville. C'était sans doute là qu'elle trouverait des réponses.

Sentant l'influence psychique de plus en plus forte chez les habitants à mesure qu'elle se dirigeait vers le bâtiment public, Jean continua, entrant ensuite dans l'édifice, sous le regard posé de ses fonctionnaires. C'était un peu comme s'ils s'attendaient déjà à la voir arriver, une situation des plus angoissantes. Pressant le pas, la mutante arriva finalement à la source, le bureau du maire, y pénétrant d'une foulée déterminée en poussant les deux portes sans ménagement.

Face à elle, elle trouva une femme brune, qui ne semblait non plus surprise de voir la mutante pénétrer ainsi dans son bureau.

« Je ne me souviens pas avoir rendez-vous avec vous mademoiselle mais mon horaire n’étant pas trop chargé, je suppose que je peux vous accorder une audience. Courtney Solas, mairesse de cette charmante petite ville. Bienvenue à Greenville. Puis-je m’enquérir des raisons de votre visite? Non, non, messieurs. Pas la peine de sortir vos armes. Je suis sûr que notre visiteuse avait une raison valable de débarquer ainsi dans mon bureau. »

Les sourcils froncés et l'air agacé, la télépathe fixa la mairesse droit dans les yeux, sans même prêter la moindre attention aux deux vigiles qui avaient surgit derrière elle. Sur la demande de leur patronne, ils quittèrent donc la pièce, fermant derrière eux et laissant les deux femmes en tête à tête. D'un pas prudent, Jean approcha alors légèrement, sans quitter son interlocutrice du regard.

« Je suis à la recherche de Jason Baker, et la dernière fois qu'il a été vu, c'est dans votre ville. J'aimerais le voir … sauf si … comme pour les autres, vous lui avez déjà trafiqué le cerveau. »
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Courtney Solas


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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 21 Juin - 13:49

Amusant. Cette femme qui n’était clairement pas quelqu’un d’ordinaire au vu des énergies psychiques en émanant débarquait dans ma ville puis dans mon bureau en pensant pouvoir y faire sa loi. Je pouvais clairement entendre les nuances, les subtilités et les sous-entendus dans ses propos. Elle m’accusait de choses horribles alors que bien que mes objectifs soient purement et parfaitement égoïstes, personne dans cette ville n’avait souffert sous mon joug. Je l’avais empêché de sombrer, de devenir une ville fantôme, le témoin d’une époque tourmentée où la terreur et la mort avaient dominé les esprits. Dit plus simplement, cette ville me devait tout, payait admirablement bien sa dette et voilà que cette intruse arrivait comme ça sans invitation pour tout gâcher. Je suis mécontente. Et vous ne m’aimerez pas quand je suis mécontente car je deviens sournoise.

Et si je suis mécontente, Greenville est mécontente. Chaque habitant, en bonne petite fourmi ou en bonne petite abeille, pouvant connaitre la volonté de sa reine et ses humeurs. Je ne doute pas avoir là faire à un puissant personnage, attention. La question à se poser c’est l’est-elle suffisamment pour venir à bout d’une population se chiffrant en dizaines de milliers et qui pourrait soudainement développer des envies de meurtre? Je ne tiens pas particulièrement à vérifier cette théorie mais si on m’y force bien… Dans le pire des cas, ce pays ne manque pas de villes en perdition où je pourrai recommencer à étendre mon influence tentaculaire. J’ai survécu à plus que ce que vous ne pouvez concevoir avec vos cerveaux primitifs et je vous survivrai tous. Nombreux ont été ceux à vouloir me supprimer. Peu ont survécu pour regretter leur erreur. Très peu.

Je dois donc montrer que je suis parfaitement maitresse de la situation. Toujours polie, mon sourire se métamorphose presque imperceptiblement. C’est subtil mais nous sommes passés du côté carnassier des choses. Prédateur. Elle veut jouer? On va jouer. Et moi, je joue pour gagner. Et si pour ce faire je dois recourir à de viles stratégies, je le fais. Quand on se bat pour survivre, on n’a pas le temps pour la soi-disant noblesse du combat. Visez la gorge et les yeux et c’est tout. Pauvre femme, elle a l’air contrariée alors que moi, je suis son opposée. Je suis dans mon élément. Je suis Greenville. Et apparemment, mes sujets n’apprécient pas son attitude irrévérencieuse. Elle peut sentir les esprits non? Alors dans ce cas elle sait que les employés dans ce bâtiment se sont levés et se dirigent vers mon bureau. Ils sont protecteurs, que voulez-vous. Comment leur en vouloir?

En fait, tel un aimant, une partie des habitants à proximité se dirigent, convergent vers ici. Mauvaise idée de menacer la reine avec autant de soldats et d’ouvriers à proximité. Elle ne m’a pas menacé directement mais… Les sous-entendus et son non verbal laissent à deviner que si je ne lui donne pas ce qu’elle veut, elle le prendra de force. Et ça… Je ne peux pas me laisser intimider, n’est-ce pas? Non, bien sûr que non. Je continue de lui sourire, lui laissant le temps de réaliser ce qui se passe autour d’elle avant de reprendre la parole. Plutôt que de mettre de l'acier dans mon ton, je préfère y mettre du miel. C’est plus amusant ainsi. La laisser déclencher les hostilités pour mieux clamer à la légitime défense. Je sens que je vais bien m’amuser. Elle? Moins. Mais alors là beaucoup moins. Venir me défier dans mon propre chez moi. Non mais quelle arrogance…


« . Si j’étais vous, je cesserais de raconter des mensonges. Votre Jason Baker est effectivement venu ici mais il n’a été vu de personne, rendant votre énoncé initial faux. Ensuite, je n’aime pas vos insinuations. Monsieur Baker est actuellement en cellule pour tentative de double homicide volontaire en attente de son procès. À votre place, je changerais de ton et d’attitude… Mademoiselle Jean Grey. »

Oh la jolie expression faciale que voilà. Est-ce de la colère ou de l’indignation, ô rousse volcanique que tu es? Je sais qui elle est. L’esprit de Jason Baker a révélé beaucoup de choses. Pauvre naïf qui croit ce que c’est que de souffrir… Un centième de ma souffrance te tuerait, arrogant insolent que tu es. Je continue de la regarder. Nos yeux se livrent bataille pour voir qui cillera en premier, qui détournera le regard, concédant le point à l’autre. Je ne compte pas flancher. Cette ville est à moi et à personne d’autre et je ne laisserai personne venir y faire sa loi. Personne. Ceci dit, si elle veut faire tomber les masques et initier la confrontation, j’abandonnerai ce déguisement humain pour ma véritable forme et je lui ferai amèrement regretter d’être venu. Ce sera épique, ce sera glorieux et ce sera potentiellement une adversaire à ma mesure.

« Dis-moi Jean, je peux t’appeler Jean? Peu m’importe, je vais quand même le faire. Dis-moi Jean, disais-je, tu sais comment une ruche ou une fourmilière fonctionne, pas vrai? Un essaim ou une colonie qui protège sa reine. Ici, la reine, c’est moi. Et là, dehors, mes ouvriers et mes soldats n’apprécient pas du tout ton attitude belliqueuse? Je ne pourrai les retenir de me défendre éternellement… »

Et effectivement, même pas besoin d’avoir des pouvoir psychiques parce qu’on entend très bien au travers de la porte l’espèce de grondement de la foule désormais amassée devant mon bureau qui n’a qu’une envie : faire rendre gorge à Jean Grey si elle ose s’en prendre à moi. Faute de meilleure image… Imaginez un peu ces meutes de zombies dans les émissions à la Walking Dead. C’est un peu le même effet. Tant que je les contrôle, ce sont des individus. Si je ne les contrôle plus, ça devient une masse humaine compacte prête à pourchasser dans toute la ville la personne qui menace leur reine. Par la fenêtre ouverte de mon bureau, on entend le même genre de son dans la rue en contrebas. Ils sont armés avec ce qu’ils ont eu sous la main. Certains ou des armes à feu. D’autres vont avoir des couteaux ou des ustensiles de jardinage ou des outils.

Mon sourire est devenu narquois et je tends tranquillement la main vers mon téléphone, compose un numéro et met le tout sur haut-parleur. Je demande à un policier d’activer l’intercom de la cellule de notre plus récent prisonnier et Jean Grey va pouvoir constater que son élève est en vie. En bonne santé…. Physiquement, oui. Mentalement… Il réagit un peu mal à sa punition. Quand il prend la parole, il braille comme un gamin en disant des choses du genre « professeur Grey, je les ai perdu, j’ai perdu mes pouvoirs » et autres incohérences et admettant par-dessus le marché qu’il n’a pas eu le temps de se venger de ses parents. Moi, je reste tranquille, allant même jusqu’à me caler confortablement dans mon siège. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas régler cela de façon civilisée bien qu’un affrontement plus physique me conviendrait davantage.


« Là en général c’est le moment où je te dis de virer ton cul de ma ville avant que je ne te le botte. Sauf que je doute que tu sois du genre à repartir la queue entre les jambes. Tu récupèreras ton élève quand il aura fait face à la justice. Pas la mienne. La justice de ce pays. Tu le veux maintenant? Il va falloir me passer sur le corps et je te préviens chérie, je suis bien plus coriace que j’en ai l’air. À toi de choisir. »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 21 Juin - 17:45

Absolument pas décontenancée par l'intrusion de la rousse dans son bureau, Courtney conserva ce petit air plein d'assurance, ce permettant même d'afficher un discret sourire, légèrement sarcastique et provocateur. Il paraissait évident devant cette attitude que la mairesse se savait en position de force. Elle était chez elle, forte de cette influence qu'elle avait sur les habitants de cette ville. Pourtant, Jean se voulait pas se laisser impressionner pour autant. Elle n'avait qu'un seul objectif en tête : sortir Jason d'ici. Il fallait qu'elle le protège, qu'elle lui montre que tout le monde ne lui avait pas tourné le dos comme ses parents par le passé, qu'il voit qu'il y avait encore des gens qui se souciaient de lui et qui étaient prêts à tout pour ne pas l'abandonner. Il fallait que Jason sache qu'il y avait encore de l'espoir.

Dans les couloirs, Jean pouvait entendre qu'il y avait du mouvement. Plusieurs personnes semblaient d'être regroupées, discutant entre elles, faisant les cents pas derrière la porte. Courtney attira de nouveau l'attention de la rousse lorsqu'elle nia que quiconque ait pu voir Jason en ville, et qu'il était actuellement en détention pour tentative de meurtre. Jean allait pour répliquer lorsque Solas l'appela par son nom et son prénom, la coupant nette, trop surprise parce qu'elle venait d'entendre. Comment pouvait-elle savoir qui elle était ? Cette ville n'était vraiment pas normale, pas plus que cette personne. Suite à cela, elle mit alors la mutante en garde, comparant cette ville à une ruche dont chaque habitant était au service de sa reine, elle. En somme, si la télépathe s'en prenait à son interlocutrice, alors, elle aurait l'ensemble de ce bled de pantins sur le dos. Cette menace expliquait donc le bruit que Jean avait pu entendre dans le couloir, ainsi que l'agitation qui commençait à naître dans la rue. La reine réunissait ses troupes, dans l'éventualité où Grey se mettrait à jouer les troubles fêtes. Est-ce que cela signifiait que malgré son air plein d'assurance, elle considérait la rousse comme une menace non négligeable ? Pourtant, pour avoir une telle influence sur autant de personnes, elle devait être capable de faire montre d'une puissance particulièrement élevée … en quoi la mutante pouvait-elle passer pour une menace à côté d'un tel potentiel ?

Jean, à présent immobile, réfléchissant à la situation, observa la mairesse décrocher son téléphone et composer un numéro après avoir activé le haut parleur. Après une suite de sonnerie, quelqu'un décrocha et la télépathe put entendre Jason au bout du fil. Il avait l'air totalement paniqué et désemparé, disant notamment qu'il avait perdu ses pouvoirs. Solas raccrocha, interrompant cette communication. Grey n'aurait pas d'avantage d'explication, mais elle savait que son élève était toujours en vie. Insensible à la souffrance de l'adolescent, Courtney affichait toujours le même faciès triomphant, allant même jusqu'à s'enfoncer confortablement dans son siège, comme si elle considérait que les jeux étaient faits.

Avec des propos bien moins courtois que le ton qu'elle employa n'aurait pu le laisser penser, Courtney exhorta Jean à quitter sa ville. Quant à Jason, il serait jugé pour tentative de meurtre. Quelques secondes, Jean réfléchit. Elle n'avait pas beaucoup de temps pour prendre une décision. Pourtant, c'était déjà tout réfléchi : elle avait la responsabilité de ce gamin. Elle ne pouvait pas l'abandonner. Et si il devait lui arrivait quelque chose à elle, alors Charles et Scott ne tarderaient pas à rappliquer avec le reste de l'équipe. Ne serait-ce pas pire ? De quoi était capable cette femme au juste ?

De son côté, Solas ne semblait pas vouloir se laisser faire, ni lâcher le morceau. Il faudrait sans doute plus que quelques arguments pour que la rousse parvienne à ses fins.

« J'ai bien peur de ne pas avoir le choix … je ne peux pas laisser Jason seul ici, lui annonça-t-elle de manière déterminée mais calme. Il est sous ma responsabilité. Il est perdu et désemparer … rejeté par ceux qui étaient censés ne jamais cesser de l'aimer. Ce n'est qu'un enfant … et il est en colère. Il devrait avoir le droit à une seconde chance. »

En terminant sa phrase, Jean s'était approchée du bureau, posant ses mains sur le bord de celui-ci, fixant Courtney droit dans les yeux, avec un sérieux à toute épreuve. A cet instant, la télépathe tenta de sonder l'esprit de celle qui se tenait devant elle. Elle espérait y trouver une faille à exploiter, jouer sur ses sentiments, raviver un vieux souvenir qui pourrait faire naître de la compassion pour ce garçon. Mais ce que trouva Jean dans cette conscience, la laissa encore plus pantoise que tout ce qu'elle avait pu voir ou entendre ici jusqu'à maintenant. L'architecture psychique de Solas n'avait rien d'humain … à dire vrai … il n'avait rien de terrien. En comprenant cela, Jean fit un pas en arrière, sans quitter sa rivale du regard, mais ne parvenant toutefois à s'empêcher d'exprimer sa stupeur sur son visage.

« … Qu'est-ce que vous êtes ? »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 21 Juin - 21:16

« Oh, pauvre petit victime des injustices de la vie… Tentative. De. Meurtre. Si je ne l’avais pas empêché, il aurait tué ses deux parents, aurait fait de même ou blessé gravement les policiers appelés par ses parents pour l’arrêter et combien d’innocents encore? Parce que c’est un mineur et parce qu’il a eu une vie difficile, je devrais tout pardonner? Et que connais-tu de la souffrance, dis-moi? »

Il y a un moyen très simple de me mettre en colère. Les gens ont tendance à se plaindre et à dire qu’ils ont souffert. Vous ne savez pas ce que c’est que souffrir. Faites-moi confiance, je sais parfaitement de quoi je parle. Je suis née dans le domaine de Killville sur Battleworld. Personne, non personne, ne survit à Killville sans avoir perdu quelque chose dans le processus. Vous pensez savoir ce que c’est la misère, ce que c’est que la violence et la mort… Vos pires tourments sont de la rigolade face à ce qu’on peut vivre et subir là d’où je viens. Ne venez JAMAIS tenter de vous plaindre de vos souffrances, de la souffrance d’autrui ou de jouer cette carte avec moi. Et ça, Jean Grey va s’en apercevoir très vite car les murmures qu’elle entendait se transformer en gémissements, comme si mes petits pantins avaient peur de subir un châtiment terrible.

Je ne me suis pas encore levé de mon siège. Si je le fais et que je franchi la démarcation faite par mon bureau, le meuble, pour être exacte, c’est que je sors les crocs et que je déclenche les hostilités. Tant pis pour la légitime défense. Je me suis redressée sur mon siège, par contre et mon ton vient de se faire glacial pour ne pas dire assassin. La dernière phrase, pour être exacte. Mon sourire s’est effacé pour laisser place à une ligne dure. Je crispe les accoudoirs de mon fauteuil et quand j’entends des grattements contre ma porte, je donne l’ordre à mes marionnettes de nous laisser tranquille d’un ton tellement sec qu’on croirait entendre un coup de fouet. Ce que Jean n’a pas encore compris c’est que je n’ai pas ordonné à mes chers concitoyens de venir. C’est un effet « secondaire » des manipulations mentales. Le désir instinctif de vouloir venir me protéger.


« Et tu oses sonder mon esprit par-dessus le marché. Une vulgaire voleuse qui se permet violer l’intimité des pensées d’autrui. Plus encore… Qu’est-ce que je suis? Parce que je n’ai pas le droit d’être une personne, je n’ai pas le droit à un qui êtes-vous? Ton arrogance est définitivement sans limite. Mais puisque tu tiens tant à savoir… Ce serait impoli de ne pas satisfaire ta curiosité, n’est-ce pas? »

Sous ses yeux s’opèrent une curieuse métamorphose. L’humaine devient… Un être humanoïde mais ce regard sans âme est sans doute ce qui est le plus terrifiant. Je peux imiter à loisir n’importe quelle émotion. Cela ne veut pas dire que je la ressens, par contre. Loin de là. Et on ne parle pas juste d’une transformation physique. Les vêtements aussi se modifient. Ce n’est pas une illusion, de nature psychique, nature ou même. C’est bien plus encore et je suppose qu’un esprit aiguisé comme celui de Jean Grey saura déterminer que le tissu même des choses, de la réalité, a été altéré. Peut-être aussi qu’elle ne le percevra pas ainsi. Mon don est loin d’être commun. L’esprit humain tente d’expliquer ce qu’il ne comprend pas avec des choses qu’il connait. Je doute très fortement que Jean connaisse quoi que ce soit se rapprochant de… Moi, en fait.

Si elle se demandait comment me convaincre de relâcher son protégé, elle a sa réponse. Elle ne peut pas. Un être impitoyable n’acceptera aucun plaidoyer. Le plus paradoxal est qu’un tel être ne devrait pas être aussi protecteur de quelque chose d’aussi trivial, si on suit le raisonnement, que quelques vies humaines. Et pourtant, Jean ne serait pas là si j’avais « juste » laissé Jason se transformer en meurtrier. Mes yeux rouges la fixe sans ciller. Regardes moi bien, arrogante petite humaine que tu es et vois dans mon regard ce que c’est survivre à la souffrance. Quelqu’un m’a dit un jour que j’étais brisée et qu’on pouvait me réparer. M’apprendre ce que c’est l’amour. BAH! Qui a besoin de ce genre de sentiment? Je n’en ai jamais eu ou éprouvé et je ne m’en porte pas plus mal. De toute façon, à Killville, ce serait vu comme une faiblesse et les faibles ne vivent pas vieux.

Je vais lui faire regretter de s’être mêlée de choses qui ne la regardent pas. D’avoir ainsi violé le caractère sacré d’un esprit. La règle numéro un de tout télépathe digne de ce nom c’est de ne jamais au grand jamais fouiller dans l’esprit d’autrui. C’est absolument abject. Oh je le fais sans m’en priver. Je suis une pragmatique dans l’âme et je prends les mesures qui s’imposent pour arriver à mes fins. Cependant, si je me fies au discours de ce Jason, Jean Grey fait partie de ce que vous appelleriez les gentils. Il est conséquemment inadmissible qu’elle fasse une telle chose sans que ce soit d’une écœurante hypocrisie. Mais si tu veux voir ce que je ne t’ai pas permis de voir… Je serais bien curieuse d’observer comment tu t’en sors. Et est-ce que ça peut être considéré comme une action hostile? Très certainement car je te jure que tu vas souffrir, fourbe que tu es!

Mes yeux luisent brièvement et si son esprit n’était pas prêt à subir un assaut mental, elle va en prendre pour son grade. C’est comme si elle se retrouvait poignardée avec une écharde mentale, un éclat barbelé qui va lui faire encore plus mal si elle essaie de le retirer sans procéder de façon chirurgicale. Il s’agit d’un vestige d’un vieux souvenir, d’une vieille blessure. Imaginez un instant que vous puissiez quantifier la souffrance en larmes et que vous laissiez ensuite l’eau s’évaporer pour n’en conserver que le sel. Imaginez un sel si corrosif qu’il vous ronge comme un acide, contribuant encore davantage à votre lente agonie. Bienvenue, Jean Grey, dans ce qui constitue mon quotidien. C’est ce qui arrive quand vous vivez dans un monde où il n’y a rien de bon. Si on voulait philosopher, je ne suis pas une super vilaine par choix mais en fait…

Par absence de choix. Et si vous pensez que je prends un quelconque plaisir à lui infliger une infime partie de mon tourment, détrompez-vous. Je souhaiterais presque qu’elle le prenne pour une attaque, qu’elle riposte, qu’elle me donne une raison d’utiliser tout ce qu’il y a de tourmenté en moi et d’en faire une arme, de la projeter sur autrui…Et accessoirement, comme je n’emploie pas de contrôle mental (contrôler l’esprit de milliers de personnes? Je suis puissante oui mais il y a toujours des limites) pour manipuler mes pantins, moins notre lien est affecté par des sentiments négatifs, moins ça risque de très mal finir avec une meute sur laquelle je n’ai plus de contrôle qui essaie de mettre Jean Grey en pièce… Et potentiellement son élève, la cause des malheurs récents de Greenville et pourquoi leur reine bien aimée souffre autant. C’est moi, ça.


« Bienvenue dans mon monde Jean Grey. Tu voulais savoir ce que je suis et non qui je suis, tu as vu à quoi je ressemble et tu as eu un avant-goût de ce qui me détruit. Je peux te dire ceci. Je n’ai ni pitié ni compassion pour ton élève. Je n’en ai aucune pour ceux qui prétendent souffrir alors qu’ils ne connaissent rien à la souffrance. Je me demande… Qui vont-ils envoyer si tu disparais toi aussi? Je t’ai montré qui je suis, rien n’indique que je t’autorise à repartir avec cette information… »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Jeu 22 Juin - 17:37

Courtney venait soudainement de changer d'attitude. Envolée la mairesse pleine de retenue et parfaitement guindée dans son tailleur hors de prix et son attitude sarcastique. Disparu le sourire provocateur et le ton de voix aussi calme que cinglant. A présent, c'était une autre femme qui se tenait devant Jean. Son regard s'était durci, au même titre que sa voix. La rousse venait de toucher un point sensible, c'était indéniable. Solas ne voulait pas entendre d'argument mettant en avant le fait que Jason avait eu une période de sa vie compliquée, qu'il était perdu. Pour elle, ce n'était pas acceptable, pas plus que le fait qu'au final, il n'avait commis aucun crime, l'intention selon elle était largement suffisante pour l'inculper et le punir. Mais pire que tout, ce qui avait semble-t-il enragé cette reine de la ruche, c'était l'évocation de la souffrance. D'après ses critères, les humains ne savaient rien de la souffrance … tout du moins, pas comme elle la connaissait. Jean aurait bien répondu à sa question lorsqu'elle lui demanda ce qu'elle-même connaissait de la souffrance. La réponse était si vaste et si subjective. Chacun ressentant la douleur à sa manière. Chacun avait une tolérance à cette épreuve différente des autres. Pour Jean, la souffrance, c'était celle d'une petite fille de dix ans, qui sans comprendre, voit sa meilleur amie mourir après avoir été percutée par une voiture, ressentant son agonie par un lien télépathique qu'elle ne comprend pas … sentir son propre corps mourir par un simple jeu de l'esprit. Pour Jean, la souffrance, c'étaient les brefs instants qu'elle avait pu entrapercevoir dans les pensées de Logan, la douleur et la torture qu'elle avait pu ressentir lors de ces connexions … lors de la résurgence des souvenirs les plus insoutenables de Wolverine. Pour Jean, la souffrance … c'était également la terreur qu'elle ressentait certaines nuits, alors qu'elle se réveillait en sueur, le souffle court et le cœur battant la chamade, suite à un cauchemar un peu trop réaliste à son goût. Oui, à sa manière, Jean pouvait parler de la souffrance. Mais Courtney, dans sa rage, ne lui en laissa pas l'occasion.

Derrière la porte, les murmures et les mouvements s'étaient amplifiés, au même titre que l'humeur de leur patronne s'était assombrie. A présent, les voix devenaient plus pressantes et l'agitation semblait gagner leurs auteurs. D'un ordre sec, Solas leur ordonna de se taire, ce qu'ils firent dans la seconde. L'emprise de cette femme sur les habitants de cette ville n'était plus à démontrer.

Une autre intervention de Jean n'avait pas plu à la mairesse : sa dernière question. C'était plutôt la formulation qui l'avait faite enrager. La réponse appelait à révéler sa véritable nature, et la mutante semblait lui avoir retirée tout droit à être une personne, ce qui ne lui plaisait pas. Elle avait également ressenti l'intrusion mentale de Jean dans son esprit, et évidemment, elle n'avait pas apprécié cette familiarité.

Courtney, sans doute pour impressionner un peu plus son interlocutrice, lui révéla alors sa véritable forme, après s'être levée de son fauteuil, dans une attitude belliqueuse. Tant son apparence que sa tenue se modifièrent, comme si le tissu même de la réalité était soudainement altéré. Même si les traits de son visage restaient assez proches, ils étaient plus durs. Son teint en revanche paraissait plus pâle, alors que quelques instants plus tôt, il était plutôt mate. Quant à son regard, il révéla deux yeux rouges et légèrement luisants. Jean ne s'était pas trompée : cette personne n'avait rien d'humaine.

Un court instant, la lueur dans le regard de Solas s'intensifia, alors que son mental projetait sur la rousse une impulsion chargée de sa rage et de la souffrance qu'elle avait pu expérimenter par le passé. Cette attaque d'une haute densité psychique était à même de réduire n'importe quel esprit non-averti en charpie, comme s'il avait été tailladé par des lames aiguisées. Mais chez un télépathe, le résultat était destiné à être bien pire, car après la douleur de l'impact, cette attaque avait le potentiel de rester fichée dans la conscience de sa cible, tel un hameçon impossible à retirer sans causer d'avantage de dommages.

Jean dut bien l'avouer, ce coup là, elle ne l'avait pas vu venir. Si elle tenta de dresser une protection mentale pour encaisser le choc, il était évident qu'elle s'y était prise trop tard. Pourtant, à sa plus grande surprise, l'onde psionique sembla se briser à l'impact, la majorité du choc dévié sans qu'elle ne s'y attende. Elle en ressortit donc avec une simple douleur à la tête, reculant également de quelques pas, tout en se portant une main au front. Mais le choc passé, elle était de nouveau prête à poursuivre. Qui plus est, à présent, elle était consciente de cette capacité chez sa rivale, si bien que par précaution, elle protégea dés à présent son esprit.

« … Aoucht ! », annonça-t-elle avec ironie, même si elle ne comprenait pas vraiment comment elle pouvait toujours être consciente après un tel assaut.

Se forçant à chasser sa grimace de douleur, Jean relâcha son front et se rapprocha calmement, comme si elle continuait de défier son interlocutrice. Cette dernière annonça alors qu'elle n'avait pas l'intention de laisser la mutante partir. Après de telles paroles, il parut évident pour la rousse que les pourparlers avaient échoué … et que la diplomatie n'était plus de mise. Certes, Jean ne s'était pas montrée des plus raisonnables dés le départ, notamment avec son entrée, mais pour sa défense, elle ne s'attendait pas non plus à tomber sur une créature irascible provenant d'un autre plan d'existence et dopée aux supers pouvoirs. De toute manière, au point où elle en était … elle ne craignait plus de dégrader d'avantage l'humeur de la belle en face d'elle … alors, autant se faire plaisir.

« Vous parlez de ce qui est juste et de ce qui réclame justice, alors que vous-même, vous privez tous ces gens de leur libre arbitre … la bonne blague, lui lança-t-elle d'un ton posé. S'ils connaissaient votre véritable nature et avaient encore leur mot à dire, croyez-moi, ils seraient en train de réclamer votre tête. Les gens n'aiment pas ceux qui sont différents d'eux. »

A ce sujet, la mutante était parfaitement placée pour savoir de quoi elle parlait. L'américain moyen avait déjà du mal à tolérer un humanoïde terrien à ses côtés, et il voyait d'un bien plus mauvais œil tout ce qui ne venait pas de sa planète … alors qu'en était-il d'une créature qui ne venait même pas de cette dimension ?

« Vous vous servez d'eux tels des jouets, poursuivit-elle avec le même calme. Ils ne représentent rien pour vous … vous ne leur portez aucune considération, si ce n'est celle de vous servir. Et vous réclamez de moi que je vous respecte ?! »

Jean acheva se s'approcher jusqu'à venir poser ses mains sur son côté du bureau, regardant la créature en face d'elle droit dans les yeux, nullement impressionnée par son apparence. Oui, elle venait empiéter sur son territoire pour récupérer son élève. Oui, elle posait les mains sur son bureau.  Oui, elle avait l'outrecuidance de lui tenir tête.

« Alors arrêtez de me faire croire que vous êtes dans votre bon droit, car vous ne valez pas mieux que le pire des criminels. Maintenant, je vais récupérer Jason et le ramener là où il doit être. Si vous n'êtes pas d'accord … essayez donc de me retenir », lui annonça-t-elle avec froideur et assurance.

Dans les faits, Jean n'en menait pas large, comptant d'avantage sur son coup de poker que sur une véritable possibilité de pouvoir faire face à une ville entière de dégénérés, doublée d'une pseudo voyageuse des plans dimensionnels.
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Jeu 22 Juin - 20:10

Elle est plus coriace que je ne le pensais. Tant mieux. Un peu d’exercice, un vrai exercice, me fera du bien. Passer mes nerfs sur cette insolente me fera sans doute le plus grand bien. Un peu de transpiration et des efforts soutenus permettent de ne pas rouiller et de garder la main. Certes, certes, une partie de ce qu’elle dit est vrai mais pas tout. Hum. Décisions, décisions. Est-ce que je coupe court au dialogue et j’attaque ou je me tape un super cliché et je monologue? Tant qu’à monologuer, par contre, autant essayer de lui exposer des arguments solides et pas que ce qu’elle prendrait à tort pour de l’auto apitoiement. Ce serait… Désagréable. Et déjà que je suis courroucée, il serait mal avisé d’en rajouter. Hum… Et si je lui révélais un petit secret? Quelque chose qui risque de la surprendre? Oh oui. Je m’offre ce petit plaisir coupable.

« Jean, Jean, Jean. Je devine une grande force mentale en toi et une maitrise toute aussi exemplaire et tu trouves le tour de tout gâcher avec une remarque complètement idiote. Tu connais naturellement les contes et les légendes parlant du Diable, non? Qui se présente dans toute sa splendeur sans chercher à imiter une apparence humaine, ou le classique du génie de la lampe. Réfléchis un peu. »

Elle vient de me remettre de relativement bonne humeur. Je ne sais pas forcément qu’elle a tenté un coup de bluff mais je sais qu’elle a fait une erreur stratégique. J’ouvre la porte de mon bureau et appelle au hasard une des personnes dans le couloir. Un homme dans le début de la quarantaine entre, portant l’uniforme du service postal de ce pays. Un individu tout à fait quelconque. Je lui indique de s’installer dans un des sièges faisant face à mon bureau. Je fais signe à Jean de se concentrer sur lui. Elle peut parfaitement ressentir le lieu empathique entre nous, très différent d’un contrôle mental où les actions du sujet sont entièrement dictées par moi. Et il me voit telle que je suis, le teint pâle, les yeux rouges, la totale. Pas d’illusion, pas de mauvais tour, rien en dehors d’un lien qui fait que mon humeur influence ceux qui sont connectés à moi.

Je commence donc à interroger Peter Martins, facteur de son état. Sur comment était Greenville avant mon arrivée, sur le pacte signé à la majorité au conseil de ville et comment au fil du temps, sans morts ni blessés Greenville est passé entièrement sous mon autorité. Comment ils ont accepté l’aide d’un être venu d’ailleurs qui les a sauvé de la pauvreté et de la ruine. Le raisonnement de Jean Grey n’est pas faux. En général, les gens détestent ce qui est différent d’eux et je devine qu’elle doit le savoir par expérience personnelle. Ceci dit, je sais aussi que la plupart des Humains suivraient une chèvre parlante si elle leur donnait ce dont ils ont besoin pour survivre avec un généreux bonus en prime. Un toit au-dessus de la tête, un revenu minimum garanti et trois repas par jour en échange du contrôle total de cette ville… Ils ont signé avec le Diable. Avec moi.

Et ce ne sont pas mes mots ou mon influence qui sortent de la bouche de cet homme. Ce sont les siens. Mon sourire narquois revient sur mon visage car je sais que je pourrais interviewer les dizaines de personnes se trouvant dans ce bâtiment et arriver à des récits similaires… Sauf que ce sourire est soudainement compromis non pas par Jean Grey et ses commentaires mais par Peter Martins. Petite explication de comment fonctionne un lien empathique. À la différence du contrôle mental, qui demande énormément de ressources à l’esprit, le lien empathique permet d’influencer un nombre prodigieux de personnes car on ne les contrôle pas. Chaque individu est libre de ses actions mais a toujours en tête ce que la reine de la ruche désire. C’est une suggestion, pas un ordre et si la différence vous semble triviale, détrompez-vous. Elle est colossale. Pourquoi?

Car cela veut dire que près de cinquante mille personnes ont accepté ce lien. On ne peut pas vraiment l’imposer. Un esprit qui résiste pourrait fragiliser toute la chaine ou pire, la corrompre. Je ne dis pas que du jour au lendemain Greenville m’a accepté. Mais quand vous savez faire une offre alléchante à des gens qui ont déjà un pied dans la proverbiale tombe car ils ont été complètement abandonnés… Le désespoir vous fait souvent accepter tout et n’importe quoi en se moquant bien des conditions. Pendant des mois, personne n’a rien suspecté d’étrange parce que tous sont restés eux-mêmes. Oui, leurs habitudes de vie ont changé pour s’harmoniser avec ce que je veux. Mais je n’ai forcé personne. Je fais partie de la pire catégorie de super vilains qui soit car tout ce que je fais est prodigieusement insidieux. Et dans le cas de Greenville, fait en pleine lumière.

Donc, considérant que tout le monde garde une bonne mesure d’indépendance, si un maillon de la chaine commence à injecter ses propres pensées dans le lien, il pourrait encourager d’autres à le faire. Et quand Peter Martins manifestent son hostilité pour Jean Grey, je sens un paquet de maillons qui décident d’aller dans la même direction. Et j’ai beau mettre mon poids, cette fois, ils sont bien décidés à la bouter hors de Greenville. Avec tous ses morceaux encore intacts, c’est une autre histoire. Et un lien empathique qui se retrouve au moins partiellement corrompu fait un merdier pas possible. Comme les « dissidents » sont animés par le désir de chasser Jean… Bien maintenant une partie de la ville ressemble à un paquet de zombies. Commerces abandonnés, bouchons de circulation dans les rues, une masse grouillante et hostile… Je recommence à fulminer.


« Tu as vu ce que tu as fait?! Des mois sans incidents et ton abruti d’élève débarque pour foutre le bordel et maintenant toi qui viens de déverser une tonne de sable dans l’engrenage? Donnons à la foule ce qu’elle demande. Amusez-vous et vous faites bien ce que vous voulez de ce Jason. S’il se fait mettre en pièce, ce n’est pas, plus mon problème. Oh et tu sais quoi, je vais me gêner tiens. Je vais te retenir. »

Que les hostilités commencent! Je sais qu’elle peut influencer directement les esprits ou protéger le sien mais ça donne quoi côté télépathie? Parce que d’un geste, toutes les vitres de mon bureau éclatent et je lui balance une pluie de fragments de verre acérés. Et attention, on ne parle pas d’un truc de base consistant à juste envoyer les débris sur son adversaire. Chaque éclat de verre est contrôlé individuellement. Tant qu’à se battre entre rivales de haut niveau, autant brûler les étapes et sortir la grosse artillerie. Je ne sais pas si Jean Grey va ou peut le remarquer mais il y a quelque chose d’étrange chez moi. Un super criminel conventionnel aime répandre le chaos autour de lui. Il y prend plaisir. Mais chez moi, c’est clinique. Froid. Je ne « joue » pas. J’expérimente. Et encore, quelqu’un qui expérimente a le désir d’arriver à une conclusion donnée. Pas moi. C’est comme si… Je m’en moquais un peu, en fait.

Ce qui est d’autant plus curieux car pourquoi je risquerais de me faire blesser potentiellement gravement pour quelque chose que je regarde presque avec désintérêt? Alors pourquoi cette hostilité? Un réflexe? Une sorte de mécanisme de défense faute de savoir comment réagir autrement? Je ne me bats pas comme quelqu’un qui veut spécialement tuer. Gagner, c’est indéniable. Sauf qu’avec ce qui est perceptible, nous aurions tout aussi bien pu régler ce différend en jouant aux échecs ou dans tout autre « concours » du même genre. Le plus gros problème demeure donc tous ces gens qui veulent la faire partir de force… Et qui sont prêts à faire du mal à son élève pour le punir de leur avoir amené des ennuis. Et à moins de me concentrer uniquement sur le lien… Je ne reprendrai pas le contrôle des « dissidents ». Intéressant questionnement : est-ce que gagner est plus important, sauver sa peau ou sauver son élève?
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Lun 26 Juin - 3:27

Face aux accusations de la mutante, Courtney sembla regagner son calme, ainsi que son sourire méprisant et moqueur. A priori, le coup de poker n'avait pas fonctionné et la dirigeante de cette ville ne semblait pas vouloir céder face à Jean. Malgré la tentative de la rousse de la mettre face à un ultimatum, Solas ne semblait pas du tout soumise à une quelconque pression, et en voyant la suite, la mutante comprit rapidement pourquoi. Ici, rien ne semblait répondre à la logique habituelle. C'était comme si cette ville était dans une bulle, isolée du reste de la réalité. Cette femme semblait avoir été suffisamment subtile pour parvenir à totalement remodeler la façon de penser des gens, réussissant finalement à leur faire accepter sa différence, comme en attestait le témoignage de cet agent postal. Si tous les habitants de cette ville étaient aussi dévoués à la cause de leur pseudo-reine que lui, alors, Jean se trouvait face à un sérieux problème. Et pourtant, elle était encore loin d'avoir totalement cerné l'ampleur de ses tracas.

Visiblement, l'influence que Courtney exerçait sur ses sujets n'était pas infaillible. Au contraire, elle présentait même quelques défaillances. Etait-ce en lien avec l'énervement intérieur de la mairesse ? avec l'attitude de Jean envers leur souveraine ? Avec la crainte que Solas soit menacée ? Quelle que fut la réponse, le fameux Peter semblait être de plus en plus hostile envers la rousse, sans que Courtney ne l'ait souhaité. Or, ce phénomène était clairement en train de se propager parmi la population de Greenville, comme en témoignait le nombre croissant de personnes mécontentes dans la rue et dans le couloir. Et visiblement, ce contretemps ne plaisait pas à Courtney qui regagna en hostilité, accusant Jean et son élève d'avoir semé le trouble dans sa petite affaire. Elle annonça alors qu'elle allait laisser les habitants de la ville s'en prendre à Jason, et qu'elle ferait tout pour retenir la mutante et l'empêcher de venir en aide à son élève. Sur ces mots, Grey sentit son cœur accélérer. Elle avait peur pour le jeune Baker. S'il lui arrivait quoi que ce soit, elle s'en voudrait. Il était sous la responsabilité de l'Institut. Ses professeurs lui avaient fait, à lui ainsi qu'à tous les autres élèves, d'être toujours là pour les protéger. Et pour l'heure, Jean était sur le point d'échouer et de manquer à son devoir.

Courtney passa alors à l'attaque, pulvérisant les vitres de la pièce pour projeter les éclats acérés sur son adversaire. Chaque morceau de verre aurait pu aisément tuer leur cible en la touchant à un endroit critique, si bien que la mutante ne prit aucun risque. Tendant sa main gauche devant elle, Jean érigea un bouclier psionique pour se protéger des dangereux projectiles. A travers son pouvoir, elle put ressentir la multitude d'impact à la surface de sa protection, ainsi que la détermination qu'avait mise Courtney dans cette attaque. Une chose était évidente : cette dernière n'était pas là pour plaisanter. Elle venait de donner le ton de cet affrontement, et déjà, la rousse savait qu'elle n'avait pas à faire à une débutante.

Les options qui s'offraient à Jean pour gérer cette situation n'était pas nombreuses. Si elle s'en prenait directement à Courtney, elle se retrouverait inévitablement avec la ville entière sur le dos, sans avoir le temps de rejoindre Jason, qui serait mis en pièce de son côté par pur vengeance de la part des minions de la reine. Si elle tentait de rejoindre son élève, Grey ne doutait pas un seul instant que la mairesse et ses fidèles mettraient tout en œuvre pour la ralentir. Encore une fois, elle arriverait sans doute trop tard pour sauver Baker. Qu'importait le choix de la mutante, le temps finissait inévitablement par lui manquer. Elle n'aurait jamais assez de temps pour trouver où il était retenu, le rejoindre, et finalement, le sortir d'ici, tout ceci en déjouant les multiples embûches de Solas et de ses sbires au comportement frontal.

Le temps était la clé … Jean avait besoin de plus de temps … Or, elle ne connaissait qu'un seul endroit dans lequel elle pouvait potentiellement en devenir la maîtresse, lui accordant alors toutes les heures dont elle aurait besoin pour tenter d'entrevoir une solution.

Courtney venait d'user de son pouvoir sur le plan physique afin d'attaquer Jean. La mutante y vit alors une fenêtre à ne pas rater. Ce serait sans doute sa seule opportunité, et elle se devait de la saisir. Sans une once d'hésitation, la rousse projeta son esprit dans la conscience de Solas pour essayer d'y construire une reconstitution mentale de la scène qui était en train de se jouer. La X-woman ignorait si ce tour fonctionnerait ou si Courtney parviendrait à briser l'illusion. Mais une chose tait sûre : dans ce monde de l'esprit, elle espérait piéger Solas, le temps de trouver une solution, voire de lui faire entendre raison. Dans ce lieu entre la conscience et l'inconscience, le temps était une donnée relative. Des heures d'entrevues pouvaient en faite n'avoir duré qu'une fraction de seconde, à l'image des rêves qui donnent la sensation de s'étaler sur une journée entière, alors qu'en réalité, le cerveau les traite en quelques minutes.

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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Lun 26 Juin - 13:13

La riposte de Jean Grey n’était pas celle que j’aurais attendue. Correction. Qu’elle se protège, ça je m’en doutais. C’est une réaction logique, un réflexe défensif salvateur et l’efficacité de son bouclier psionique aurait même mérité quelques applaudissements polis. C’est la suite qui m’a totalement prise par surprise. Pas totalement. Ce serait mentir. Partiellement. Mon réflexe naturel fut d’ériger des défenses qui se déployèrent pour la plupart trop tard… Mais pas toutes. Jean Grey se retrouva dans ma conscience ou tout du moins, là où elle désirait aller. Sauf que son coup de maitre, configuré pour un esprit humain ou appartenant à un référentiel qu’elle maitrisait, se retrouva confronté à une réalité fondamentale. Ma réalité. Le fait que je ne sois ni humaine, ni originaire de cet univers et encore moins originaire de cette dimension.

Du coup, au lieu de conjurer par illusion une copie de la scène que nous venions de quitter, elle se retrouva plongée dans l’enfer et les horreurs de Battleworld. Pire encore, du domaine de Killville. Mort et désolation étaient tout ce qui l’entourait. À la sauce Killville, Greenville n’était que ruine, cadavres, lamentations et un maelstrom de violence qu’un esprit plus faible n’aurait su endurer. La folie aurait été la conclusion de ce court périple. Alors la question à se poser maintenant, pourquoi ce qui aurait dû être un clone de la scène précédente était-elle à ce point altérée?  Parce que Jean Grey regarde le monde à travers mes yeux, voit ce que je vois et ce pourquoi je suis prête à l’éliminer elle et son élève pour éviter que « ça » se produise. On ne survit pas à Killville sans séquelles et ce quels que soient vos pouvoirs. Ça je peux vous le garantir sans problème.

Vous pouvez aisément comprendre comment est-ce que quelqu’un comme moi, ou en fait quiconque regarde le monde en y voyant le spectre de l’apocalypse, peut devenir froid comme le vide intersidéral et complètement neurasthénique face tant de choses de la vie. Greenville est une merveilleuse expérience pour moi, une chance de créer quelque chose. Je ne le fais pas par bonté d’âme. Déjà, je doute d’avoir une âme et le mot bonté est absent de mon vocabulaire. Je le fais parce que je suis curieuse de voir quels résultats je peux obtenir. C’est une entreprise parfaitement égoïste mais par effet « collatéral », les gens de cette petite ville arrachée à l’extinction en profitent également. Ils ne sont pas spécifiquement ma priorité mais soit. Ils bénéficient des fruits de mes expérimentations. C’est, selon vos termes et vos définitions, une « bonne » chose. Enfin… Je crois.

Je regarde autour de moi, comprenant que Jean Grey a tenté quelque chose comme moi et si mon regard est parfaitement inexpressif car toute cette violence et cette désolation me sont familière, cette nouvelle réalité semble parcourue d’un frisson. Revisiter le passé, mélangé à un futur théorique, ce n’est jamais agréable. Je ne savais pas cette femme cruelle au point de tenter de me tourmenter avec mes propres tourments. Définitivement une adversaire à ma hauteur. Il faudra que je lui concède ce point. Quelle délicieuse torture, je ne la pensais pas déterminée à sauver son élève au point de se montrer si… Sans cœur. Derrière le masque respectable d’une enseignante responsable et dévouée se cache un monstre que je commence à découvrir. Intéressant. Très intéressant. J’applaudis lentement avant d’éclater d’un rire sans joie. Alors là… Sincères félicitations.


« Alors là… C’est d’une cruauté comme j’en ai rarement vu récemment. Quelle délicieuse torture tu m’imposes là, Jean. Violer un esprit et le forcer à affronter une de ses grandes craintes : je ne pensais pas que tu avais ça en toi. Considère ma curiosité piquée. Bienvenue dans mon quotidien, Jean Grey, là où derrière chaque action se cache le spectre de la mort et de la ruine. Bienvenue à Killville! »

Disant cela, elle peut voir que dans cet état hors du temps, les habitants de Greenville ne sont plus des humains mais des morts vivants grotesques dont sont faits vos films d’horreur. Oh bien sûr, pour le moment, tout est figé ici… Mais pas parce que Jean Grey le veut. Parce que JE le veux. Mon adversaire est d’une rare compétence et d’une puissance égale sinon plus impressionnantes. Forcer mes défenses mentales n’est pas une chose simple et d’une attaque qui aurait dû avoir un effet spécifique, elle a réussi à la métamorphoser en quelque chose de plus… Je ne saurais pas le décrire, en fait. Mais cela ne veut pas dire que je suis à sa merci. Disons que nous disposons chacune de la moitié du contrôle de ce qui se passe en ce moment. J’ai un léger avantage car je suis familière avec ce qui me hante et me ronge mais c’est quelque chose qui se perd vite.

Le temps qu’elle reprenne ses repères, je suppose qu’elle sera, si elle le désire, en mesure de contre-attaquer plus brutalement encore. Et encore là, cela présuppose qu’elle cherche une confrontation réelle. Je veux garder ma ville, mon projet intact. Elle veut récupérer son élève. Nos objectifs sont en opposition directe pour deux raisons : son élève a fout la merde dans mes plans en se la jouant à la Rambo et calmer par un lien empathique une population qui a peur n’est pas chose aisée. Pour elle, pour moi, pour n’importe quel télépathe de grande puissance. Je ne peux pas rétablir l’ordre tant que mes cobayes n’auront pas obtenu justice et cela passe, logiquement, par une condamnation. Et Jean Grey a vu ô combien la réaction de mes « sujets » peut être volatile. Si c’était du contrôle mental pur, il n’y en aurait pas de problème. Je lui donnerais son élève et affaire classée.

Sauf que je doute qu’un télépathe puisse contrôler près de quarante-neuf mille personnes et ce malgré toute la puissance qu’on peut imaginer. Même mon lien empathique a des faiblesses marquées, nommément par le fait que chaque composante peut avoir sa voix et chapitre et donc influencer les autres. J’ai mes limites. Je les accepte et je les connais. Et ma façon de faire est simple. Action. Réaction. Un schéma de pensée née d’une vie passée à échapper à la mort et à tout ce que le domaine de Killville a pu me jeter au visage. Battleworld est un merdier de la pire espèce et je ne verserai pas une larme à le savoir détruit. Ceci dit, le problème actuel demeure. Ni l’une ni l’autre ne veut céder du terrain et à la différence de Jean Grey, je me bats pour gagner et tuer ne me dérange pas. Je l’ai fait, je le fais et je le referai très certainement dans un futur proche.


« Ici, Jean, il n’y a que de la souffrance. Je t’ai demandé si tu savais ce que c’était tout à l’heure. Vois ce qui hante chacune de mes pensées, ce qui parasite mes rêves et qui ne me quitte jamais au grand jamais. Et comptes toi chanceuse. Ici, tu ne fais que le percevoir avec tes sens. Tu ne l’as pas vécu. Tu vois un écho dilué de la réalité. Ma réalité. S’il fallait que tu explores mes souvenirs… Mais qu’importe.

Est-ce ici que tu déchaines toute ta puissance contre moi, que tu me mets à genoux et que tu m’exécutes, me rendant prisonnière de mon propre esprit et transformant mon corps en légume, m’usurpant le contrôle de ce que j’ai construit? Jusqu’où va ta vilénie, envahisseuse que tu es? J’ai survécu au domaine de Killville et à Battleworld ainsi qu’à des siècles d’errance en un endroit que tu ne peux concevoir. Et je te survivrai aussi. »
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Jean Grey


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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Lun 26 Juin - 18:04

Aussitôt la faille dans les défenses mentales de Solas repérée, Jean y engouffra son esprit. Avec habileté, elle déjoua tous les écueils que lui tendirent les protections de la créature, esquivant et parant chaque tentative de lui fermer la conscience de Courtney, jusqu'à ce que finalement, la télépathe touche au but. Pourtant, cette première épreuve n'était rien comparée à ce qui attendait la mutante pour la suite.

En effet, le schéma psychique de Courtney était des plus atypiques. En fait, Jean n'avait jamais rien vu de tel de toute sa vie, chez aucune créature vivante. Même si elle était parvenue à forcer l'entrée de cette conscience, la modeler s'avérait être une expérience nouvelle pour la X-woman, qui n'eut alors d'autre choix que de tâtonner pour tenter d'obtenir des résultats exploitables. Mais à force de persévérance, elle parvint à tisser un environnement totalement virtuel afin d'y piéger Courtney et pour la confronter. Mais alors qu'elle était sur le point de se réjouir de son succès, Grey dût faire face à une nouvelle complication. L'esprit de la créature, si exotique et hors norme, était parvenu à altérer la création de la mutante, s'y infiltrant pour le modifier en suivant ses propres schémas … ses propres expériences … ses propres craintes.

Ainsi, en lieu et place de Greenville, petite ville américaine aux allures de complexe immobilier témoin pour une société de construction, se dressait un paysage de ruines et de chaos, ravagé par les flammes et la mort. Les rues si pittoresques de Greenville s'était muées en un cauchemar à l'image de la dimension d'origine de Courtney, uniquement peuplées de cadavres ambulants et de souffrance. Tout autour de Jean se dressait une vision apocalyptique de ce qu'elle avait tenté de recréer. Face à elle, se tenait Solas, qui semblait agréablement surprise par ce qu'était parvenue à faire son adversaire, allant même jusqu'à l’applaudir, tout en riant à gorge déployée en voyant la stupeur de la mutante devant ce résultat des plus inattendus. Jamais la créature ne se serait attendue à tant de malice chez la rousse, impressionnée par tant de fourberie. Dans son esprit, elle se retrouvait une nouvelle fois à Killville, lieu maudit dont elle s'était éloignée avant tant de ténacité.

Mais, habituée des lieux, Courtney ne paraissait pas du tout affectée par cette vision d'horreur dans laquelle elles étaient à présent toutes les deux plongées. Au contraire, elle était tel un poisson dans l'eau … lui offrant un avantage indéniable … à condition qu'il ne gonfle pas trop son assurance et la fasse sous-estimer sa rivale. De son côté, Jean eut besoin d'un peu de temps pour se remettre du choc … Ce cauchemar dans lequel elle évoluait à présent, était certes inédit pour elle … mais pas si inconnu en terme de sensation. Car au final, même si cette illusion n'était que l'expérience de Battleword issue des souvenirs de Solas, mais retranscrite à travers le regard humain de Jean, cet ambiance post fin du monde, la rousse avait déjà pu la vivre au détour de quelques cauchemars. C'était pour cette raison que ce lieu inspirait tant de terreur chez Jean, il l'a renvoyé à ses plus grandes craintes. Mais se forçant au calme, la rousse se ressaisit. Elle devait garder l'esprit clair et concentré si elle voulait réussir à prendre le dessus dans ce plan d'existence.

Forte de son assurance et de son expérience, Courtney se lança de nouveau dans des explications, révélant que cet univers n'était rien de moins que son quotidien, un souvenir gangrené de sa vie passée, dont elle ne se débarrasserait sans doute jamais. Elle interpella alors la télépathe, lui demandant si c'était ici qu'elle tenterait de se débarrasser d'elle, de la briser. Solas semblait avoir une vision si négative de Jean … elle la percevait tel un monstre … une barbare dénuée de moral. Devant ces sous-entendus, la rousse fronça légèrement des sourcils. Ce n'était pas elle ! Ce n'était pas ce qu'elle était ! Ni ce qu'elle souhaitait ! Non, Jean voulait simplement récupérer son élève ! Rien de plus.

« Vous vous méprenez sur mes intentions, la corrigea-t-elle. Je n'ai jamais eu l'intention de mettre un terme à votre vie … ou même à ce jeu malsain auquel vous vous adonnez ici, à Greenville. Quant à tout … ceci, poursuivit-elle en désignant du regard le paysage ravagé, ce n'était pas ce que j'avais prévu. Mais votre esprit n'a rien de commun avec ce que je connais … il n'a pas réagi comme je m'y attendais … donnant naissance à cet endroit. »

Mais Jean avait également senti autre chose dans la conscience de sa rivale : cette image grotesque et caricaturale de la chute de Greenville, Solas la percevait comme le résultat de ce que serait devenue sa petite expérience si Jason était parvenu à ses fins. Or, Grey le savait, même si le gamin était instable et nourri de rancœur, jamais il n'aurait eu la folie d'aller jusqu'à un tel désastre … et il en avait encore moins le potentiel en terme de puissance. Non … cette transposition de Battleword dans le paysage bucolique de Greenville n'était pas le fruit de la colère d'un adolescent … et Jean le savait … même si elle redoutait de devoir se l'avouer. Pourtant, elle ne pouvait plus prendre le risque de dissimuler cette information plus longtemps à son adversaire.

« Laissez-moi gérer Jason : je saurai lui parler et le raisonner. Vous avez suffisamment d'influence sur vos concitoyens pour les calmer … j'en suis certaine. Ensuite, vous n'entendrez plus jamais parler de nous. »

Une nouvelle fois, Jean fit un tour d'horizon avec son regard, afin de bien prendre conscience de ce paysage cauchemardesque, déglutissant alors difficilement avant de reprendre la parole.

« Et même si vous le niez … je sens en vous un certain attachement pour ce que vous avez créé ici … une forme d'affection pour votre création … pour ses habitants. Le sort de tout ceci vous importe bien plus que vous ne voulez bien vous l'avouer, je peux le voir. C'est bien la preuve que vous n'êtes pas que le résultat de cet endroit abjecte et malsain que vous appelez Battleword : vous valez bien plus que ça. »

A présent, Jean regardait Courtney droit dans les yeux, ne cillant pas un seul instant.

« Croyez-moi … ce n'est pas Jason qui serait capable d'un tel carnage … vous vous êtes trompée de mutant en pensant qu'il pouvait être à l'origine de tout ceci. Mais il n'est pas trop tard pour empêcher le pire d'arriver. »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Lun 26 Juin - 20:17

« Dans ton langage, Jean, je suis une super vilaine. Une criminelle qui se moque de vos lois et qui fait ce que bon lui semble. L’étiquette me va très bien. Je suis très égoïste. Mais… Greenville… Il y avait là quelque chose de si familier. De la souffrance. Des rêves brisés. La lente agonie que de savoir qu’on a tout perdu, à un point tel que vous en dépérissez et ultimement… Cela vous tue. »

Mon ton n’est pas agressif. Il est songeur. Comme si je revenais dans un passé lointain, comme si je visitais quelque chose de particulièrement douloureux. Pour preuve, la pluie commence à tomber mais elle est part égale de sang et de cendres, deux excellentes métaphores pour ce au travers de quoi je suis passée. Je passe ma main sur le paysage et l’espace d’un instant, Greenville retrouve sa vie et ses couleurs avant de redevenir cette vision apocalyptique. Est-ce moi qui suit devenue désabusée au point de penser que la finalité de toute chose n’est que ruine ou est-ce que je craignais, consciemment ou non que ce Jason constitue le début de la fin? Un crime sordide, une attention de la part du monde extérieur et finalement, le clou dans le cercueil, la mort de Greenville? Peut-être. Peut-être. Je me souviens de paroles issues de mon passé.

Des paroles entendues lors de ma première défaite sur cette planète. Comme quoi je serais brisée et qu’on pouvait me réparer et m’apprendre l’amour. Suis-je réellement brisée? Je viens d’un autre monde, d’une autre dimension où ces concepts de bonté n’existent pas. Peut-on être brisé si on ne dispose pas de quelque chose qui n’existe pas chez vous? C’est comme si j’essayais, je ne sais pas, d’apprendre l’histoire ou la géographie de Battleworld aux habitants de cette planète. Comment pourraient-ils concevoir l’inconcevable? Je ne comprends pas cet entêtement de la part de Jean à vouloir sauver une personne, cette personne précise. Il y a sur cette planète plus de sept milliards d’individus, après tout. Je continue de regarder dans le lointain, regardant ce paysage si familier et que pourtant je voudrais ne jamais revoir. Que penser…


« Je voulais me prouver, avec Greenville, que je pouvais… Faire autre chose que revivre Killville. De voir quelqu’un ou quelque chose détruire mes efforts. Que même si ultimement c’est un objectif purement égoïste et personnel, que je pouvais arracher à la perdition cette ville et… Utiliser mes pouvoirs différemment. Je ne l’ai pas fait par bonté. Je ne comprends même pas le concept derrière ce mot. »

Il est absolument impossible que les choses puissent « bien » finir. Ce Jason va toujours vouloir se venger. Il est lié à cette ville qu’il le veuille ou non. Et Jean Grey devra faire un rapport à ses collègues et supérieurs. Ils vont donc continuer de surveiller Greenville. Pire. De nous espionner. On ne peut faire confiance à qui que ce soit. La confiance est un poison. Elle tue. Enfin. À Killville, la confiance tue. La Terre est différente. Elle a certaines similitudes mais aussi énormément de différences. Ce qui m’amène à me demander si peut-être, qui sait, peut-être que Jean Grey pourrait vraiment avoir l’intention de tenir parole… Ou qui sait. De rayer Greenville de la carte. Si le danger n’est plus, plus besoin de le surveiller, non? Et ces doutes, ces craintes, la télépathe peut les voir très distinctement. Nous sommes dans ma conscience, après tout.

Enfin. Conscience. C’est un bien grand mot. Ici, en ce lieu hors du temps, ce qui est caché et enfoui n’est pas visible mais les pensées de surface prennent vie comme autant d’écrans d’ordinateur ou de télévision que l’on regarderait. Quand je suis arrivée sur Terre, on ne m’a pas donné de chance. J’ai été traquée par une vieille ennemie puis attaquée avec des renforts de cette planète. Greenville a presque été un coup de chance et il est normal de redouter le pire. Peut-être est-ce involontaire de la part de la mutante mais ce vouvoiement, cette attitude détachée et si… Impersonnelle… Ne me mets pas en confiance. Ne m’inspire pas à vouloir la croire. Partout où je regarde, je vois les trahisons et les blessures du passé s’entremêlant à cette vision qui est ce que je redoute qu’il arrive à Greenville. Ma ville à moi, en quelque sorte. Mon petit projet bien à moi.


« Regardes autour de toi, Jean, et vois tous les coups de couteau dans le dos que j’ai subi. Comprends ma méfiance, ma souffrance et cette spirale de violence qui résume ma vie. Tout ce que j’entends, ce sont des paroles. Des mots. Utilisés sans doute pour tenter de me rassurer. Nous sommes dans ma conscience et tu vois mes pensées de surface et une partie de mes démons. Tu vois ce qui me ronge et me hante.

Mais… Nous sommes dans ma tête. Pas dans la tienne. Je me demande, si tu étais contrainte de dire la vérité, quelle serait alors la teneur de ton discours? J’ai fait l’erreur de faire confiance une fois. J’en porte encore les cicatrices mentales. C’était quelqu’un que je connaissais depuis des siècles. Je te connais depuis quelques minutes et je devrais mettre ma vie et ma ville entre tes mains? Tu excuseras ma méfiance. »


Ce serait tellement plus simple de se battre, de s’entredéchirer, de ne pas se poser de question. Mais la vérité c’est que… Je ne saurais expliquer pourquoi mais l’apathie m’en empêche. Comme si… L’espace d’un instant j’étais fatigué de tout ceci. Même de vivre, d’exister… Je connais bien la noirceur et les ténèbres. La lumière… Pour le peu que je connaisse, on l’a utilisé pour me brûler, pour me faire du mal. Et c’est là toute la clé du problème je crois. À Killville, discuter, c’est chercher à se jouer de l’autre. Mentir. Manipuler. Vérité et sincérité sont rarement au menu. Alors forcément, que quelqu’un puisse ne pas vouloir me tuer, puisse vraiment désirer une solution pacifique c’est… Je sens quelque chose aux abords de ma conscience. Comme un signal d’alarme. Une nouvelle menace. Et Jean Grey semble la sentir également. Ceci dit…

Est-ce de la surprise ou de l’horreur que je lis sur son visage? Qui est ce nouveau joueur? Je vois un nom. Scott. Summers. Et il semble représenter beaucoup pour la mutante télépathe. La question à se poser : émotions véritables ou sublime mascarade pour me faire croire à un accident? Son trouble semble réel car il affecte en partie l’environnement qui nous entoure. Je vois… Je pense voir des flashs. De moments où ils sont ensemble. Curieux. Pourquoi est-ce que cela se manifesterait-il dans ma conscience à moins qu’il soit encore plus important aux yeux de Jean que son élève? Nous règlerons ce problème plus tard. Oui, nous sommes hors du temps mais justement, comme ma conscience peut observer ce qui devrait être en train de se passer là, dehors, elle capte aussi des choses que je n’avais pas observées faute de leur proximité. Très intéressant tout ça.


« Tu vois quand je dis que la confiance tue… Ce Scott Summers, c’est le bourreau qui doit prendre ma vie quand tu m’auras amadoué ou vas-tu encore tenté de me manipuler à croire ce que tu me dis? Tout d’abord Jason, le meurtrier. Puis celle qui vient perturber l’ordre. Et enfin, l’assassin. Je vais faire quelque chose de stupide. Je vais te donner une chance. Une. Seule. Chance. Fais ton plaidoyer.

Convainc moi de la sincérité de tes propos. Prouves moi hors de tout doute raisonnable que tu dis la vérité. Tu es une adversaire fort intrigante. Et moi, je suis quelqu’un a été trop de fois blessé pour croire. Deux mondes, Jean. Le mien, où la lumière te brûle au lieu d’être symbole de réconfort. Et le tiens, soi-disant capable de ce que vous appelez amour et que je ne comprends pas… Et puis sinon, c’est un jour comme un autre pour mourir… »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mar 27 Juin - 18:37

Bien qu'accoutumée à ce décor, Courtney n'en restait pas pour autant sans affect. Au travers de son regard, comme de ses paroles et du ton qu'elle employa, il était clairement visible qu'elle n'était pas complètement sereine de voir ce paysage défiler sous ses yeux. Et même lorsqu'elle tenta de l'arranger, l'illusion ne tint pas bien longtemps, finissant par se dissiper pour redevenir ruines. Une pluie des plus étranges commença alors à s'abattre, en même temps que Jean pouvait percevoir dans cette conscience les prémices du désespoir. Du sang et de la cendre mêlés s'épandirent alors sur cette représentation chaotique de Greenville, donnant aux lieux une teinte encore plus lugubre. Solas avait à présent l'impression de n'avoir aucune échappatoire. Qu'importait ce qu'elle tentait, son destin finissait tôt ou tard par la rattraper … Killville parvenait toujours à se rappeler à son bon souvenir … Battleword réussissait toujours à refermer ses griffes sur elle. C'était là la conclusion qui ressortait de cette vision, pour le plus grand damne de Courtney. Ceci, combiné à ce monde si étrange à ses yeux qu'était la Terre, faisait qu'elle n'était pas propice à placer sa confiance en Jean. Qu'importait les propos de la rousse, rien ne prouvait à Solas qu'elle ne lui mentait pas … qu'elle ne lui tendait pas un piège. Cette méfiance, la télépathe pouvait également la sentir dans cette esprit qu'elle avait infiltré, tout comme elle pouvait également sentir les doutes de Courtney quant à sa possibilité de faire quelque chose de bien, ce concept même lui étant totalement inconnu et inconcevable.

« Je ne pense pas que vous soyez totalement hermétique et étrangère au Bien, la corrigea la mutante. Peut-être que de là où vous venez ce concept n'existe pas … mais ici, le Bien peut se trouver partout, si tant est que l'on se donne la peine de le trouver. En arrivant dans notre univers et en faisant le choix d'y rester, implicitement, vous avez accepté de vous soumettre à ses lois … alors tôt ou tard, ce concept de Bien et de Mal, même s'il vous dépasse, finira par vous imprégner … par vous intégrer. »

D'un revers de main, Jean s'essuya le front, comme pour chasser sans réel succès la pluie qui lui coulait dans les yeux.

« Il ne tient donc qu'à vous de choisir votre camp … et si vous le désirez, de choisir celui du Bien. Alors, vous aurez un allié de poids pour faire face à Battleword. Et même si vous doutez que cela suffise … vous ne devriez pas sous-estimer les forces qui se cachent dans cet univers : vous pourriez être surprise. »

Oui, Jason, sous l'effet du chagrin et de la colère, avait pris la décision de commettre un acte irréparable. Par chance, il en avait été empêché. Par chance, il n'avait pas encore définitivement basculé. Jean connaissait ce gamin, et elle savait qu'il n'était pas un mauvais garçon. Simplement, il avait besoin d'aide pour surmonter cette épreuve … pour surmonter sa souffrance. Finalement, Jason et Courtney n'étaient peut-être pas si différents, mais cela, la reine de Greenville ne voulait pas s'en rendre compte. En quelque sorte, en refusant d'aider Jason, c'était elle qu'elle refusait d'aider. Le Destin dans cet univers avait parfois de bien curieuses manières d'intervenir.

Mais d'une certaine manière, Jean comprenait également le point de vue de Courtney à présent qu'elle se trouvait dans sa conscience. Elle percevait les nombreuses trahisons dont elle avait été victime, et comprenait les réticences de cette dernière à la croire sur parole. Elle ne la connaissait pas. Elle n'avait aucune preuve. Pourquoi devrait-elle la croire elle ?

Mais avant que Jean ne puisse répondre, elle fut interrompue par une perturbation extérieure. Elle avait perçu quelque chose d'imprévue … ou plutôt quelqu'un. Scott ! Il avait fini par la suivre, préférant n'en faire qu'à sa tête plutôt que d'écouter la demande de la rousse. L'idée de le savoir ici ne rassurait pas Jean. A présent, en plus de devoir s'inquiéter pour la sécurité de Jason et la sienne, elle devait également s'en faire pour celle de Scott. Intérieurement, Grey pesta contre Summers. Mais son angoisse s'exacerba lorsqu'elle comprit que Solas avait également senti l'arrivée de Cyclope en ville, ce qui ne manqua pas de la conforter dans l'idée qu'elle ne pouvait pas faire confiance en la mutante. La maîtresse de Greenville laissa alors une ultime chance à Jean de la convaincre de sa sincérité. Si la rousse ne parvenait pas à la persuader de son honnêteté, alors, il y avait fort à parier que Courtney prenne une décision non favorable pour les trois mutants. 

« Ne lui faites pas de mal ! Je vous en prie ! », la supplia spontanément Jean.

Tant dans son regard que dans le son de sa voix, la mutante n'était pas parvenue à dissimuler son angoisse et sa crainte de perdre Scott. Même si pour le coup, elle lui en voulait de l'avoir suivie, au final, il restait l'homme qu'elle aimait, celui avait qui elle partageait sa vie depuis plusieurs années. Le savoir en danger était une terrible épreuve pour la télépathe. Pour arranger cela, Jean n'avait donc pas d'autre choix que de réussir à convaincre son interlocutrice.

Libérant la conscience de Courtney, la télépathe les ramena toutes les deux dans le monde réelle. Elles se trouvaient toujours dans le bureau de la mairesse, au milieu des éclats de verre. Une poignée de secondes s'étaient écoulées depuis que Jean s'était introduite dans l'esprit de Solas. Se concentrant à peine, la mutante put sentir plus clairement la présence de Scott. Maintenant que son pouvoir télépathique n'avait plus à influencer la psyché de Courtney, il est libre de se concentrer sur d'autres actions. Qui plus est, le lien si particulier que la rousse partageait avec Summers depuis de nombreuses années, semblait transcender les distances, là où habituellement, sa faculté ne portait que sur un demi kilomètre au grand maximum.

« Prenez-moi à leur place !, annonça alors la X-woman sans l'ombre d'une hésitation. Raccompagnez Scott et Jason, sains et saufs, jusqu'aux limites de Greenville, et je resterai votre prisonnière. Cette proposition expirera dans trente secondes. »

Trente secondes, c'était le temps qu'il faudrait à Scott pour arriver jusqu'ici et sans doute commencer à jouer de la visière en quartz-rubis en découvrant sa compagne dans cette posture. L'assurance dans le ton de la voix de la rousse indiquait très clairement que cette décision prise par Jean, était irrévocable.
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mar 27 Juin - 21:42

Quel était ce sentiment étrange qu’éprouvait Jean pour cet intrus? Car oui, il y avait l’angoisse, ça elle connaissait, la peur pour quelqu’un d’autre mais quel était cet autre sentiment? Évidemment, je ne connais ni l’amour ni l’amitié. Vous pensez que cela existe à Killville? Riez, riez, vous n’auriez pas tenu plus de quinze minutes. Ma curiosité est piquée. Tout le discours de Jean m’a paru si… Étrange. Alien. Mais ça? Je suis définitivement intriguée. Nous réintégrons le « monde normal » Et je décide de tenter quelque chose de dangereux mais qui pourrait s’avérer « payant ». Je décide de leur suggérer le sommeil. Maintenant, il y a certaines émotions ou concepts que l’on peut déclencher presque à 100% par lien empathique si ce sont des choses essentielles au fonctionnement de l’espèce ciblée. Et dormir est crucial pour l’être humain.

Le résultat? Tous les belliqueux qui en ont après Jean vont tomber endormis et une fois endormis, je pourrai utiliser de suggestions simple pour les forcer à… Comment dire… Redémarrer. Ils vont reprendre conscience presque instantanément avec des dispositions bien plus amicales. Il faut faire vite avec que ce Scott n’arrive et j’altère même les choses pour que tout ce qui était brisé dans mon bureau ne le soit plus. Utilisation d’un lien empathique plus altérations mineures de la réalité. Ce qu’il ne faut pas faire pour assouvir une soif de curiosité. Je veux savoir. Je dois savoir. Pour ce faire donc, je consens à un compromis. Une sorte de trêve. Jason est libéré et l’illusion d’avoir perdu ses pouvoirs se dissipera quand il sera hors de portée de ma ville. Pour le moment il est calme et donc ce Scott va pouvoir récupérer l’adolescent et partir, me laissant avec Jean.

Et n’allez pas croire que si on s’est joué de moi, il n’y aura pas de représailles. Je saurai me venger. Ça je suis très douée. L’échange se fera donc sans que Scott n’ait son mot à dire et pour être bien certaine que Jean comprenne son statut de prisonnière, nous quittons Greenville pour une bulle dimensionnelle. Mon petit domaine privé. Et si elle s’attendait à quelque chose, elle ne s’attendait clairement pas à ce qu’elle va voir. Tout est si calme, si paisible… C’est l’inverse de ce qu’elle a vu dans ma conscience. Le soleil, de l’air pur, un endroit idyllique, paradisiaque… Et une autre pièce du puzzle pour la puissante télépathe rousse. Plus elle prend le risque de s’intéresser à moi, plus elle en découvre et plus le nombre de possibilités augmente en sa faveur. Regardons les gains qu’elle a faits jusqu’ici. Scott et Jason sont en sécurité. Elle est saine et sauve.

Personne n’est mort et si blessés il y a eu, c’est quelque chose de mineur voire de négligeable. Alors qui, du coup, a réellement l’avantage? Elle? Ou moi? Pour le moment, elle est supposée être la prisonnière mais elle a dicté ses termes. Elle est techniquement en position de désavantage et pourtant c’est elle qui a mené la danse dans les derniers mouvements. Est-ce que j’en ai conscience? Je ne le sais pas moi-même. Mais il y a tant de choses que je voudrais demander, tant d’interrogations qui me viennent en tête… Qu’a cette humaine qui soit différent de ses compatriotes? Je ne saurais dire. Je sais que ma curiosité vire tranquillement à l’obsession. Quand vous avez survécu à Killville, à l’agonie de secondes qui s’égrènent sur des siècles, votre esprit finit par se jeter sur la première distraction intéressante passant à sa portée pour rester sain.


« Quelle était cette émotion si intense et pourtant si… Étrangère? Pour cette inquiétude déraisonnable pour ce Scott? Tant de questions, tant de questions et je ne saurais même pas par où commencer dans mes observations. Tu t’es sacrifiée pour lui. Pourquoi? C’est illogique et irrationnel et pourtant tu l’as fait… Et je suis incapable de l’expliquer. Pourtant je devrais pouvoir le faire… Mais je ne peux pas. »

Je fais quelques pas sur cette plage de sable blanc sur laquelle nous nous trouvons. Je suppose que je ne suis pas la seule avec des questions. Je peux concevoir ce qui est paisible et même ce qui est « beau ». Pourtant, au quotidien, je n’agis pas dans l’intérêt du plus grand nombre. Seulement dans le miens. Ce qui en soit met en évidence qu’il y a une dualité entre la réalité et… La réalité. C’est un concept difficile à expliquer mais je devine que vous comprenez au moins partiellement la nuance. C’est comme regarder deux individus différents et se rendre compte qu’en fait, certains concepts, certaines notions n’existent que lorsque je n’opère pas dans « le monde réel ». Comme si, à l’abri des regards, à l’abri de tout, je m’autorisais à prendre des risques. Et je ne veux pas l’avouer mais je commence à penser que Jean a une certaine emprise sur moi.

Elle est venu perturber un équilibre fragile et ce faisant, a amené soit de nouvelles variables inconnues dans la partie ou alors elle a interféré avec quelque chose qui en toute logique n’aurait pas dû être possible. En termes de puissance brute, je la surclasse dans bien des domaines alors qu’étrangement, elle a paradoxalement un avantage marqué sur une connaissance de ce qui est « bien » qui me manque. Toute ma rhétorique est basée sur la survie. Vivre un jour de plus, ne pas devenir une énième victime d’un monde cruel, une sorte de divinité constamment assoiffée de sang. La peur hante chacun de mes pas. Et cette paranoïa est une faiblesse. Prudence et paranoïa sont deux choses distinctes. Dans un cas, c’est un dangereux poison. Dans un autre cas, c’est une simple affaire de sagesse. Si tant est bien sûr qu’on puisse vraiment parler de sagesse, bien entendu.


« Tu as sacrifié ta liberté pour ce Scott. C’est pourtant ton bien le plus précieux. Tous ces sentiments étranges et si… Irrationnels… Comment votre espèce a-t-elle pu survivre pendant si longtemps? J’ai vu mourir des milliers, des millions d’individus, tous exempts de faiblesses comme la compassion et pourtant, cette planète et ses habitants survivent à tout ce qui se dresse sur leur chemin. C’est absurde. »

Tout est si paisible ici, plus encore que Greenville. Si idyllique si… Et pourtant rien chez moi ne laisse à penser que le calme puisse exister quand je suis impliquée. Toute cette colère, cette crainte, cette peur, cette… C’est vraiment le jour et la nuit. Il y a ce désir de vouloir quelque chose de plus de ma vie et en même temps, ces murs qui font de moi une prisonnière de ma propre tête… Mais je continue de dire que tant qu’elle va me vouvoyer, je ne serai jamais encline à lui faire confiance. Ceux qui vouvoient sont ceux qui en général vous condamnent. Il y a une distance, un gouffre entre vous. Je ne sais pas à quoi elle joue. Mais j’avoue que je ne suis plus craintive. Je suis curieuse. Et c’est un jeu dangereux dans lequel elle s’embarque. Quand je veux des réponses, j’obtiens… D’une manière ou d’une autre. Je commence à être sérieusement impressionnée, Jean Grey…
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Jean Grey


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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 28 Juin - 17:09

Solas paraissait troublée par un tel revirement de situation. Sa confiance déjà quasi inexistante en Jean, la rendait d'autant plus suspicieuse face à cette proposition dont elle ne comprenait clairement pas les motivations ni le but. Pourtant, après une courte hésitation, Courtney plongea les habitants hostiles dans un court sommeil. Elle en profita également pour réparer ce qui avait été détruit précédemment, comme si elle cherchait à effacer toute trace du passage de Jean à Greenville. Lorsque les minions de la mairesse se réveillèrent, ils étaient de nouveau calmes et dociles, ne manifestant plus une once d'animosité envers la mutante. Courtney avait fait en sorte que Scott puisse récupérer Jason, comme le lui avait demandé Jean. Ainsi, la télépathe comprit que son interlocutrice avait accepté le deal … et qu'à présent, elle était sa prisonnière. Pourtant, la rousse n'en fut que soulagée. Il n'y avait nulle place pour l'inquiétude à cet instant là. Sans doute les choses changeraient-elles plus tard, mais pour l'heure, elle était simplement heureuse de savoir Summers et son élève hors de danger et d'ici peu, loin de cette ville.

Afin de s'assurer que Cyclope n'allait pas une nouvelle fois n'en faire qu'à sa tête et tout faire capoter, elle le contacta télépathiquement. Tel qu'elle le connaissait, si elle n'intervenait pas, il n'aurait de cesse de vouloir la retrouver … ce qui aurait signifier rendre le sacrifice de Jean inutile.

# Scott, c'est Jean. Ecoute très attentivement, et cette fois-ci … je t'en supplie, obéis ! Va au poste de police et récupère Jason. Ensuite, retournez à l'Institut ! #

Comme elle s'y était attendue, les choses ne pouvaient pas être simple avec lui.

# Hors de question que je te laisse ici, Jean ! Je sais pas si tu as remarqué, mais les choses ne tournent pas rond dans cette ville. #

# Si tu m'aimes, fais ce que je te dis. Ne t'inquiète pas pour moi, je trouverai un moyen. Maintenant, va ! #


La télépathe n'eut pas l'occasion d'en rajouter d'avantage. La connexion avait été interrompue, comme si Scott était passé hors d'atteinte.  Lorsque Jean ouvrit les yeux, elle comprit. Elle n'était plus à Greenville. A présent, elle se trouvait aux côté de Solas, sur une plage de sable blanc, les vagues d'une mer turquoise venant régulièrement caresser de leur écume les grains chauffés par un soleil estival, le tout complété par une végétation tropicale. Un véritable paysage de carte postale. Ici, tout n'était que douceur et sérénité … et il n'y avait pas âme qui vive à des centaines de mètres à la ronde, comme pouvait en attester le pouvoir de la mutante. Où Solas avait-elle bien pu les transporter ? Un instant, la rousse se demanda même si elles étaient toujours sur Terre. Il y avait quelque chose ici d'indéchiffrable. Jean ne pouvait que le sentir, sans parvenir à l'identifier. Cette étrange sensation, elle ne l'avait jamais ressentie auparavant … et elle n'était pas plus en mesure de l'expliquer. Etait-ce dans l'air ? Dans la lumière ? Dans le son ? Etait-ce tout simplement le rapport même qu'elle avait avec cette plage … ce paysage … cet endroit ?

La mutante fut arrachée de ses réflexions par l'intervention de Solas. Cette dernière désirait comprendre ce qui avait poussé Jean à se sacrifier … comprendre ce qu'était ce sentiment qu'elle éprouvait pour Scott ? Ce même sentiment qui l'avait poussée à prendre cette décision qu'elle jugeait comme irrationnelle. Courtney ne comprenait tout simplement pas ce qu'était l'amour. Ici, tout était paisible, et propice à rassurer Jean. Distraitement, elle se passa une main dans les cheveux, rabattant ces derniers sur un côté de son visage, comme pour tenter de dissimuler une gêne naissante.

« Et bien … je crois que ce que vous avez perçu, c'est mon amour pour Scott. C'est un sentiment d’attachement très fort et irrationnel qui lie une personne à une autre … à tel point que l'on est prêt à tout pour s'assurer que cette personne aille bien … qu'elle soit saine et sauve. »

Nerveusement à l'idée de devoir dévoiler ses sentiments, Jean croisa les bras devant elle, avant de balayer du regard la plage.

« C'est ce qui m'a fait prendre cette décision. Si ma liberté est le prix à payer pour m'assurer qu'il soit sain et sauf, alors … je suis prête à y renoncer. »

Malgré cette explication, Courtney continuait de trouver tout ceci totalement illogique. Etant étrangère au concept d'amour et d'attachement de l'autre, elle n'était capable que de raisonner de manière égoïste et personnelle, car c'était ainsi qu'elle avait toujours vécu de là où elle venait, la seule manière d'interagir avec le monde de Battleword. Finalement, les choses les plus importantes pour elle étaient sa survie et échapper à son monde d'origine et à ses horreurs. Tant est si bien qu'elle n'arrivait pas à comprendre comment la Terre, ainsi que ses habitants, avaient fait pour survivre jusqu'à maintenant, avec ce handicap … cette tare … cette faiblesse.

Légèrement inquiète de faire face à un individu dénué de toute capacité d'attachement, Jean observa quelques secondes Courtney, le regard légèrement plissé par une sorte de malaise. Le jugement de la créature était sévère d'après elle … trop … alors que finalement, elle ne connaissait rien de ce qu'elle qualifiait être une faiblesse.

« Votre point de vue est biaisé … vous ne voyez les choses que sous un seul angle … qui plus est, un mauvais angle, commença-t-elle par lui dire. Vous êtes convaincu que l'amour est une faiblesse … à tel point que vous vous empêchez de le voir comme autre chose. »

Décroisant les bras, Jean fit quelques pas sur la plage en direction de Solas, portant à présent sur elle un regard plus doux.

« Mais l'amour, c'est également l'une des plus grandes forces de cet univers. L'amour est une source de motivation et de détermination quasiment inépuisable. C'est l'amour de ses habitants pour la Terre qui permette à cette dernière d'être défendue … et de repousser l'adversité et les épreuves. »

La mutante laissa alors son regard dériver sur la frontière entre le sable mouillé et le sable sec, une démarcation entre le clair et le sombre.

« Tant que vous n'aurez pas expérimenté ce sentiment … alors vous ne serez pas en mesure de le comprendre », lui annonça-t-elle avec un ton plein de candeur.
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 28 Juin - 19:18

Je ne comprends pas. Et croyez moi, j’essaie. Mes sourcils se froncent, je décortique tout ce que la télépathe me dit mais… Ce qui est irrationnel est dangereux. Ce qui est dangereux est mortel. On ne peut choisir consciemment de se mettre en danger à moins d’être fou. Instable. Et pourtant, Jean Grey n’a pas l’air folle ou instable. Alors quoi? Non vraiment j’ai beau me torturer l’esprit, je n’y comprends absolument rien. Elle me l’explique. Chaque mot est parfaitement clair à mes oreilles. Mais mis ensemble, ils ne font aucun sens car pour moi, faire quelque chose qui défie la logique, c’est courir au suicide. Elle tente vraiment, je crois, de me faire réaliser quelque chose. Mais malgré tout mon intellect, je n’en suis pas capable. Ce n’est pas de la mauvaise foi ou de l’obstination c’est juste que… Je ne comprends vraiment pas.

Je la regarde et je voudrais dire quelque chose. Poser une question. Mais je ne sais pas quoi dire. Quoi demander. Par où commence-t-on quand rien n’a de sens? Comment admettre qu’on dispose de pouvoirs défiant l’entendement mais qu’on ne comprend absolument pas ce dont on nous parle? J’aimerais le dire, ce serait tellement facile, après tout ce ne sont que des mots à prononcer mais… Rien à faire. Je ne peux me résoudre à admettre une faiblesse. Être faible c’est se désigner comme cible, comme proie. Alors si je ne veux pas demander, si je ne peux me convaincre de le demander… Je vais aller chercher l’information directement à la source. Dans les pensées de Jean Grey. Ce ne sera pas quelque chose d’intrusif agressif mais intrusif passif. Dit autrement, je ne vais pas agressivement fouiller ses souvenirs ou ses pensées. Ne soyons pas hostile.

C’est plus comme feuilleter une revue dans la vitrine d’un magasin, si vous préférez. Parfaitement inoffensif. Allez, je me lance et… Et je ne m’attendais clairement pas à ce que ce sentiment, cette chose qu’on appelle amour puisse être si puissant. N’étant clairement pas préparée à la chose, je laisse entendre un long cri de douleur avant de tomber à genoux en me tenant la tête. Je ne suis pas habituée à ressentir autre chose que ce qu’il y a de noir en ce monde. Enfin, plus précisément, dans mon monde même si je l’ai quitté depuis une éternité. Je l’ai dit, c’est un conditionnement mental. Pour moi, la lumière ne réchauffe pas, elle brûle. Alors l’amour, associable à quelque chose de bon donc de lumineux… Vous imaginez un peu le résultat. J’ai l’impression d’avoir été incinérée sur place. Quelle puissance surprenante! C’en est presque… Extraordinaire…

Si bien sûr ce n’était pas si atrocement douloureux pour moi. Les deux mains à plat sur le sable de la plage, je tente de me relever mais mes jambes sont encore chancelantes de ce choc mental. Une chance, une chance que je n’ai pas juste plongé dans un souvenir sans plus de précaution… Je finis par abandonner l’idée de me remettre en position verticale et je décide plutôt de m’adosser à un arbre non loin le temps de reprendre mes esprits. Oh bien sûr, je n’ai que moi à blâmer. Quelle idée aussi que de prendre un risque aussi inconsidéré parce qu’on a peur de demander! Mon réflexe serait de croire à un piège mais je sais très bien que ce n’est pas le cas et ce serait stupide que d’insister en ce sens. Tout de même, sait-on jamais… Renforcement de mes défenses mentales…


« Qu’est-ce… Qu’est-ce que c’était que ça? Cette lumière… Comment peut-on y survivre? La lumière brûle. Autant les ténèbres ne sont que cruauté, autant la lumière est une fausse promesse de salvation. Quel horrible sentiment que l’amour s’il donne l’impression de s’immoler! Quel épouvantable masochisme! Ce n’est pas être irrationnel, c’est être suicidaire, voilà ce que c’est, à ce point! »

J’ai bien dit ces mots mais Jean Grey peut voir dans mes yeux la confusion. Et si elle prend deux secondes pour y penser, elle va comprendre tout aussi sec. Pour le reste d’entre vous, laissez-moi vous expliquer. Imaginez que vous passez des années sous terre, sans lumière. Tout d’un coup, quelqu’un descend pour vous sauver et vous envoie le faisceau de sa lampe de poche en plein visage. Pour lui, ce n’est rien. C’est gênant, tout au plus. Mais pour vos yeux habitués à la noirceur, ce sera une vraie torture. C’est la même chose ici. Je suis tellement habituée à la souffrance que ce qui est bon me fait mal. Je ne sais pas comment y réagir. Il me faudrait alors m’y acclimater graduellement. Ce qui présupposerait, évidemment, un apprentissage. Mais qui voudrait se risquer à une telle chose, surtout vis-à-vis de quelqu’un comme moi? Qui?

Et c’est là que vous pointez Jean Grey du doigt. Elle enseigne à de jeunes mutants qui ne maitrisent pas leurs pouvoirs, qui sont seuls ou abandonnés. Sans doute pourrait-elle m’aider. Peut-être. Peut-être. Je vois juste quelques problèmes. Les événements récents, par exemple. Moi, je peux vous dire que je ne pardonne pas. C’est une faiblesse. Et je suppose que si j’étais une Humaine, je serais extrêmement rancunière. Qui plus est, Jean Grey est MA prisonnière. Ce serait quand même le comble que ce soit la geôlière qui doivent demander un service à une prisonnière. Ce serait même… Complètement fou. Mais en même temps, comment pourrais-je apprendre ou comprendre, autrement? Dilemme, dilemme, cruel dilemme… Je serais même tentée de dire l’impasse. Pour faire le premier pas… C’est justement là le problème. Vous me demandez : quel problème.

Le voici. Ce n’est pas un premier pas, c’est un grand saut. Et autant se l’avouer, j’ai trop souffert pour avoir autre chose que peur. Si je me trompe, si j’accepte de faire confiance… C’est ma vie que je pourrais perdre. Et je n’ai pas survécu à Battleword pour mourir sur cette planète primitive. Ce serait bien le comble. La dernière honte à avoir avant mon trépas. Je sais que la peur me fait agir et réagir de façon défensive voire agressive. Peut-être même irrationnelle. Mais vous ne pensez quand même pas que des décennies de souffrance vont s’effacer d’un claquement de doigts! Enfin si, je pourrais le faire mais… Là n’est pas la question, encore moins le moment pour se lancer dans ce genre d’explications. Peut-être que si… Mais alors il faudrait… Je déteste être indécise, pire, ne pas savoir quoi faire. Cela me fait sentir si… Démunie. Faible, même.


« Je dois comprendre. Jean Grey, en tant que ma prisonnière, tu es contrainte d’obéir à toutes mes demandes. Enseigne-moi ce qu’est l’amour dont j’ai tant entendu parler. Je ne pourrai jamais garder un avantage stratégique face à quelque chose que je ne comprends pas. Et s’il te venait l’idée de refuser, je n’ai pas besoin de te dire de quoi je suis capable. Tu devines très bien qui en ferait les frais. Je me trompe?

Je dois comprendre. S’il existe un moyen pour chasser la douleur et faire disparaitre la souffrance, je dois l’apprendre. Je ne demande pas grand-chose de l’existence, Jean Grey. Je veux arrêter de survivre et commencer à vivre, tout simplement. Il me semble que ce n’est pas demander grand-chose. Et comme le vouvoiement m’énerve, tu vas me tutoyer. Cela donne l’impression de davantage de proximité et cela me… Qu’importe. C’est sans importance. »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Jeu 29 Juin - 9:34

Malgré les explications de Jean, il paraissait évident que Courtney ne comprenait toujours pas ce qu'était l'amour. Ce concept pourtant si simple et si inné chez l'humain, restait hors de sa portée, elle qui était capable de prodiges et dont les pouvoirs étaient comparables au divin. Mais cette simple chose continuait encore et toujours de lui échapper, et ceci malgré tous ses efforts pour l'assimiler. Pour la mutante, il était évident que Solas ne s'y prenait tout simplement pas de la bonne manière. Elle ne connaissait que les rapports de force, et lorsqu'elle désirait quelque chose, elle se contentait de le prendre, détruisant tout ce qui se mettait sur son chemin. Mais avec l'amour, cette stratégie ne fonctionnait pas. C'était l'une des raisons pour lesquelles Courtney ne réussissait pas à comprendre cette chose …

Subtilement, Jean sentit une intrusion dans sa conscience. Cela n'avait rien d'agressif, c'était simplement comme une visite, comme si quelqu'un se contentait d'être un spectateur. Il ne fallut pas longtemps à la rousse pour comprendre qu'il s'agissait de sa geôlière. Cette dernière commençait à suivre les conseils de sa prisonnière. Grey venait de lui dire qu'elle ne pourrait jamais comprendre l'amour tant qu'elle ne l'aurait pas expérimenté. Du coup, elle se servait des souvenirs de Jean pour tenter l'expérience. La télépathe la laissa alors faire, ouvrant son esprit. Mais la réaction fut des plus inattendues.

Solas se mit à pousser un cri de douleur et de surprise, tombant à genoux et se tenant la tête entre les mains, avec un visage grimaçant. Visiblement, l'expérience s'était avérée particulièrement désagréable pour elle, à la limite du supportable comme en attesta le temps qu'il lui fallut pour pouvoir suffisamment récupérer afin d'aller jusqu'à un arbre pour venir s'y adosser, le temps qu'elle finisse de se remettre du choc. Inquiétée par cette réaction, Jean s'approcha doucement, afin de ne pas non plus donner l'impression qu'elle profitait d'un instant de faiblesse pour prendre le dessus. Ce n'était pas son intention … pas plus que de rester prisonnière ici. Mais pour regagner sa liberté, elle comptait bien agir selon sa manière … manière qui n'avait rien à voir avec un quelconque rapport de force. La subtilité avait toujours été l'apanage de Jean. Cette fois-ci n'y ferait pas exception.

Courtney semblait également particulièrement agacée par ce qui venait de se produire. Elle ne comprenait pas comment une chose aussi douloureuse et désagréable, pouvait avoir sur le monde de Jean une telle valeur et une telle réputation. Une nouvelle fois, cette expérience la conforta dans son idée que le concept d'amour était totalement stupide et illogique. Face à cette rage, la rousse préféra rester silencieuse et ne rien répondre. Il était inutile d'envenimer d'avantage les choses. Qui plus est, une part d'elle se doutait que cette colère n'était pas véritablement dirigée contre l'amour en lui-même, ou ce qu'il avait provoqué chez Solas, mais bien contre Solas elle-même et son incapacité à comprendre et à pouvoir faire face à ceci.

Malgré cela, Courtney ne semblait pas vouloir renoncer. Braquant un regard autoritaire sur Jean, elle lui rappela son statut de prisonnière, et lui ordonna de lui apprendre ce qu'était l'amour, la menaçant de s'en prendre à ses proches si jamais l'idée lui venait de refuser. L'une des justifications de Solas, c'était qu'elle souhaitait comprendre cette chose, afin de pouvoir l'affronter dans l'avenir. A cette idée, Jean fronça légèrement des sourcils, perplexe face à cet objectif. Elle fronça une seconde fois les sourcils lorsque la créature lui demanda de l'aider à comprendre afin de commencer à vivre, et non plus, simplement se contenter de survivre. Finalement, elle ordonna à la mutante de la tutoyer. Visiblement, le vouvoiement l'agaçait. Une fois cette crise d'autorité passée, Jean inspira profondément, avant de se relâcher de longues secondes, tout en conservant le silence sans quitter des yeux son interlocutrice.

« Très bien … puisque vous- puisque tu insistes, se reprit-elle. Mais ça ne fonctionnera que si tu cesses de faire ta forte tête et si tu choisis de suivre mes conseils … sans rechigner. »

Lui tendant une main, elle lui proposa alors de l'aide afin de se relever. C'était un premier pas à franchir pour Courtney. Un premier pas décisif pour la suite. Une simple question de … confiance. Et à la manière dont Jean la regardait, c'était également une forme de défi que la rousse lui lançait.

Une nouvelle fois, Jean soupira. L'épreuve était de taille, et elle ne serait pas simple. Mais la mutante avait bon espoir.

« Pour commencer … tu dois mettre de côté tout ce que tu penses savoir. J'ai bien compris … de là où tu viens, être bon, c'est être faible et être faible, c'est mourir. Sauf qu'ici, tu n'es pas sur Battleword … tu n'es pas seule. »

Devant l'air qu'afficha alors Courtney, la télépathe comprit parfaitement que cette demande était inenvisageable. Quelques secondes, elle la regarda en silence, se contentant de hausser un unique sourcil.

« Comme tu veux … nous ferons ça par étape. Du coup, en premier … arrête de me traiter et de me considérer comme ta prisonnière. Manifeste-moi d'avantage de … d'estime ! Je ne suis pas ta chose. Je suis un être vivant. Je mérite du respect. Tu peux me demander des choses sans devoir systématiquement me menacer, moi ou mes proches, pour que j'accepte. Et alors, nous pourrons envisager une relation d'avantage basée sur des rapports amicaux. Ce sera déjà un premier pas pour t'aider à comprendre ce qu'est l'amour. »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Jeu 29 Juin - 14:13

« Mais… Je… Je ne menace pas! Je dis juste que si tu ne coopères pas, pour maintenir le rapport de force, je serai obligée de prendre des mesures coercitives. Les Humains le font aussi! Les mères prévoient une punition pour les enfants qui n’obéissent pas, je l’ai bien vu en prenant le contrôle de Greenville. Et c’est agir selon votre philosophie que toute action engendre une réaction. Rien de plus. »

J’ai du mal à comprendre et ce n’est pas faute de faire des efforts. En même temps, Jean voit bien que je fais des efforts, ce qui est déjà, en un sens, rassurant. Elle me demande d’oublier Battleworld et le spectre qu’il a jeté sur moi, elle m’accuse de choses qui sont évidemment fausses… Qu’il est difficile de comprendre pleinement la logique des Humains. Mais je suis tenace. J’ai survécu à des choses horribles. Je saurai apprendre ces choses que je ne comprends pas et je pourrai ensuite m’en protéger. Empêcher autrui de s’en servir contre moi. Voilà qui est parfaitement logique. Vraiment, parfois, je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt. J’ai vu agir les habitants de Greenville. Je n’ai jamais su m’expliquer tous leurs comportements mais les indices étaient là, bien présents. Mais le pire, de penser que j’ai besoin d’aide pour… Pour…

J’ai accepté la main tendue de Jean pour m’aider à me relever et je saurai accepter toute explication qu’elle pourrait me donner. Je vais au moins essayer de conceptualiser la chose. Ceci dit, quelque chose m’embête. Si un rapport dominant / dominé n’est pas rapidement établi, comment voulez-vous pouvoir ne pas simplement être… Je ne sais pas… Mal jugé? Ce concept d’égalité par exemple. Par définition nous naissons différents donc c’est un autre non-sens à mes yeux. Tant d’incohérences et de contradictions et pour les habitants de cette planète, on dirait que c’est quelque chose de parfaitement normal. Paradoxalement, les animaux de cette même planète établissent par défaut une relation dominant / dominé. Autant poser des questions sinon je ne vais jamais m’en sortir. Et arrêter d’être sur la défensive, aussi. Ça pourrait aider…


« Je ne comprends pas. Si aucun rapport de force n’est établi, comment peut-on s’assurer de la collaboration d’autrui? Dans la nature, les animaux de cette planète établissent qui est l’alpha et qui est l’oméga. Dans vos entreprises, il y a le patron et les employés. Même vos pratiques sexuelles font état de dominants et de dominés. Pourquoi accepterais-tu de m’aider sans rapport de force? »

Déjà pour commencer, le ton est curieux, le regard aussi. Je suis songeuse et non hostile ou agressive ce qui doit être un soulagement pour elle. Après je ne peux pas garantir qu’elle sera rassurée ou non mais je peux dire que déjà, il y a un changement d’attitude. Je veux comprendre. Ce n’est plus une question de devoir, une obligation, c’est une affaire de volonté, désormais. Un autre changement à prendre en considération. Je sais que ce monde est différent de Battleworld. Ceci étant dit, ce n’est plus seulement différent, c’est carrément quelque chose d’autre. Encore une fois, il y a des progrès. J’accepte un point de vue qui n’est pas le mien. Correction. Je considère un point de vue qui n’est pas le mien. Un autre pas vers la bonne direction. J’ai toujours été du genre à apprendre vite. Je ne vois pas pourquoi les choses seraient différentes.

Je décide de tenter une nouvelle exploration des souvenirs de Jean Grey. Ne nous concentrons pas sur l’amour, regardons plutôt du côté amitié. Je cherche puis trouve quelque chose qui semble inoffensif. Cela concerne une autre mutante. Storm. Elles sont collègues là où Jean Grey enseigne. Enfin… Je crois. Intéressant. Enfin je veux dire, cette complicité est intéressante. Malgré les risques que l’une soit prise en otage et serve de levier contre l’autre, elles semblent ne pas se préoccuper de cette éventualité. Pourquoi? C’est si étrange… Je continue d’observer. Des rires. Des sourires. Des anecdotes. Des secrets. Ont-elles perdu la raison? Divulguer des secrets c’est courtiser sa perte! Je suis complètement perdue, je ne mentirai pas. Je ne comprends strictement rien. Il n’y a aucune raison valable d’adopter une attitude si catastrophiquement insouciante…

Mais en même temps, si j’avais tout à l’envers? Jean Grey a fait justement remarquer que ce n’est pas Battleworld, ici. Peut-être alors que justement, partager un secret, c’est un moyen d’avoir une sorte d’as dans sa manche. Que si quelqu’un d’autre sait, il peut alors se servir de cette information contre un ennemi. Je ne sais pas. Le concept en lui-même me semble tellement surréaliste… Je cherche dans mes propres souvenirs. Ai-je déjà eu quelqu’un dans ma vie dont j’ai été un minimum proche? Je cherche, je cherche et je ne trouve rien. J’ai souvent été dans la position du leader, chef mais des amis ou des gens proches… Non, jamais. Ou alors j’ai été frappé d’amnésie. J’explore quelques autres souvenirs et je me trouve soudainement fascinée par ces choses nouvelles dont j’ignore tout. Fasciné au sens de « comment peut-on faire une telle chose ».


« Voilà qui est… Curieux. Infiniment différent de Battleworld. Comme si… Comme si ici avoir des faiblesses était acceptable. Normal pour votre monde. Que certains vont exploiter cette réalité mais que ce n’est pas la règle, plutôt l’exception. D’autant plus incompréhensible pour moi. Pourtant… L’instinct de survie devrait dominer chez vous. Tuer ou être tué. Mais non, étonnamment. C’est…

Ça a l’air si simple, en fait. Juste… Être qui on est. Profiter de la vie malgré les dangers. C’est illogique mais pourtant, vos sociétés fonctionnent quand même malgré tout. Et ce geste, l’acte d’offrir un câlin… Exposer sa gorge ou son dos est le plus sûr moyen qu’on vous y enfonce une lame mais vous le faites si naturellement que… Je suis désolée Jean. J’essaie d’assimiler tout ça mais je n’y arrive pas… Correctement. »


En vérité, j’ai appris beaucoup mais dans ma vision déformée des choses, en dehors d’un succès total, ce n’est pas performer adéquatement. En conséquence de quoi, je vois mes progrès comme des échecs. C’est ce qui arrive quand vous êtes toujours seule. Que vous n’avez personne pour vous encourager. Juste quand j’ai pris la main de Jean pour me relever, elle a pu sentir ma réticence. Ma crainte. Comme si chaque geste devait être posé pour blesser. C’est instinctif, ce n’est pas contre elle. Au moins il y a une mesure de progrès. Et des encouragements risquent de m’apparaitre comme tout aussi étranges mais disposant d’un ego conséquent, ce pourrait avoir quand même des effets positifs. C’est renverser la tendance, en somme. Voyons voir comment la puissante Jean Grey va mener la leçon. Elle est habituée à enseigner à des gens perdus et égarés…
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Jeu 29 Juin - 17:08

A la première remarque de Courtney, la mutante ne put s'empêcher de porter une main à son front et de soupirer longuement. Les choses promettaient vraiment de ne pas être simples … encore moins que ce qu'avait pu imaginer Jean. Solas ne se rendait même pas compte que sa manière d'agir n'avait rien d'acceptable, et que même si pour elle ce n'était pas une menace, dans les faits, ce moyen de pression qu'elle exerçait en instrumentalisant Scott, était perçu comme tel.

« Sauf que tu n'es pas ma mère, rétorqua-t-elle à mi-voix. Et le principe d'action / réaction s'applique également sans avoir besoin d'user de ce genre de moyens de pression sur les gens. Tu me demandes, je te réponds. C'est tout autant un ensemble d'actions et de réactions … en beaucoup plus sympathique et honnête. »

Jean le voyait bien, son interlocutrice ne le faisait pas exprès. Au contraire, elle déployait des trésors de ressources pour tenter de comprendre ce que la rousse essayait de lui expliquer. Mais pour l'heure, les choses restaient encore très floues. Pourtant, la télépathe avait noté quelques progrès. Déjà, Courtney avait accepté de saisir cette main tendue pour l'aider à se relever. Ensuite, il était évident qu'elle cherchait à intégrer tout ce que lui disait Grey, même si actuellement, elle s'avérait incapable de l'utiliser.

Vint alors la discussion sur le concept de dynamisme dans une relation avec un dominant et un dominé. Chaque exemple était pertinent, mais encore une fois, inadapté à ce que Courtney voulait comprendre. Seule, elle avait visiblement tenté de comprendre ce monde par l'observation, mais mal orientée ou mal éclairée, elle avait tiré des conclusions trop rapides, trop généralisées. Or, le monde était bien plus complexe, et il le devenait encore plus lorsque les sentiments s'y mêlaient.

« Tout ne nécessite pas forcément ce genre de rapports … ton souci est là : tu t'évertues à reproduire les schémas d'une certaine forme de rapports sociaux, en les transposant dans d'autres types d'interactions sociales. Mais ce n'est pas si simple. »

Jean prit un instant pour réfléchir à la manière dont elle pourrait essayer de démêler tout ceci. Tapotant du bout de l'index sur sa lèvre inférieure, elle était encore convaincue qu'elle finirait par réussir.

« Pour les animaux, même s'il est évident qu'ils sont doués d'intelligence et de réflexion, leurs capacités à appréhender le monde n'est pas aussi complexe que la nôtre, d'où ce rapport de force, bien que tu pourrais être surprise, certaines espèces n'en font pas montre. Quant au rapport entre un patron et son employé, là encore, tu fais fausse route. Il s'agit d'un contexte professionnel, avec un besoin de hiérarchie. Et pour ce qui est de nos pratiques sexuelles ... »

Jean venait de légèrement rougir, sentant un coup de chaud s'emparer d'elle.

« C'est encore complètement différent. Bref ! Tout ça pour dire que dans une relation amicale, l'attachement que tu éprouves pour l'autre, fait que tu le considères comme ton égal … l'affection que tu lui portes, te donne l'envie de le voir comme … comme quelqu'un avec qui tu n'as aucune envie d'avoir de rapport de force … simplement de la douceur et de la sincérité. »

Relevant un pied, Jean retira l'une de ses chaussures, ainsi que sa chaussette, avant de faire de même avec l'autre pied. Quelques instants, elle enfouit ses orteils dans le sable chaud, appréciant un moment la sensation de massage prodiguée par les grains de sable se mouvant sous sa voûte plantaire.

« Et si j'accepte de t'aider, c'est tout simplement parce que j'en ai envie, annonça-t-elle sans quitter des yeux ses pieds à moitié ensablés. D'une certaine manière, j'en retire de la satisfaction et du bien-être. »

Une nouvelle fois, Jean sentit une intrusion dans sa psyché. Courtney recommençait son observation, afin de visiter l'un de ses souvenirs. Mais cette fois-ci, la rousse fronça légèrement des sourcils, sans pour autant la rejeter. C'était une manie que Solas devait corriger. Ce qui ressortit de cette nouvelle effraction était une nouvelle fois de l'incompréhension. Courtney semblait réaliser que sur Terre, nuire à son prochain, exploiter ses faiblesses, n'étaient finalement pas l'attitude habituelle des gens. Au contraire, c'était d'avantage l'entraide et le soutien qui primaient, afin de justement pallier à ces faiblesses. Pour la première fois, Courtney formula des excuses au regard de sa difficulté à comprendre tout ceci. Il sembla un instant alors qu'elle n'était pas satisfaite d'elle.

« Ok, ce n'est rien. Tu as déjà bien avancé. Il ne faut pas t'attendre à tout comprendre en quelques minutes, tenta-t-elle de la rassurer. Comme on dit sur Terre : il faut apprendre à marcher avant de vouloir courir. »

Jean lui laissa alors quelques secondes pour se ressaisir.

« Effectivement, nous sommes plein de faiblesses … nous sommes imparfaits … mais à côté de ça, nous sommes complémentaires. Les faiblesses des uns sont compensées par les points forts des autres, et ensemble, nous arrivons à faire face à l'adversité, à avancer. Et c'est ce maillage qui rend l'humanité si résistante. Un individu seul est faible. Mais en groupe, nous gagnons en force de manière exponentielle. Et cette faculté à nous entre-aider, à nous soutenir les uns les autres, c'est ça le Bien. »

La rousse hésita alors un instant, mais préféra jouer la carte de l'honnêteté. Après tout, elle ne perdrait rien à faire quelques remarques.

« Et venir piocher dans mes souvenirs sans ma permission, alors que nous tentons d'établir une relation amicale et basée sur la confiance … ça n'a rien de bien. Tu peux aussi demander la permission. »

Jean lui adressa alors un sourire, pour tenter de … la rassurer. Saurait-elle seulement comprendre ce  type de langage ?

« Ton incapacité à comprendre peut être vue comme l'une de tes faiblesses … mais avec ma capacité à t'apprendre, ensemble, nous te rendons plus forte. Tu comprends ? »

Finalement, Jean ouvrit en grand les bras, restant figée devant elle, et attendant. Après quelques secondes sans réaction, elle commença à rouler des yeux, avant de rire doucement.

« Tu dois faire tes propres expériences … sinon, tout ceci ne sert à rien. »

D'un mouvement des mains, elle l'invita à se rapprocher d'elle pour qu'ensemble, elles partagent cette fameuse chose visiblement si inconcevable qu'était le câlin.
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Jeu 29 Juin - 21:15

Je ne comprends pas. J’essaie de faire montre d’une particularité humaine : le partage. Prendre de l’autre des choses dont on a besoin et donner en retour. Elle peut regarder dans ma tête, je ne l’empêche pas. Ce n’est pas moi qui risque de perdre la raison. Il y a de véritables horreurs qui devraient vraiment rester sous clé dans ma tête. Ceci étant dit, je ne comprends pas qu’elle ne décèle pas mon geste d’ouverture. Si elle me propose de m’aider, selon toute logique, c’est qu’elle me laisse accès à toute documentation pouvant m’aider, ce qui inclut naturellement ce qui est dans sa tête. J’essaie de faire preuve d’ouverture d’esprit mais le seul son qui sort de ma bouche est une onomatopée boudeuse du genre « grumf ». À ce train je ne m’en sortirai jamais. Nous ne pouvons rester éternellement ici et je refuse de partir tant que je ne saurai pas.

En tout cas je comprends certaines choses dont le fait que parler de sexualité fait rougir Jean. Je ne vois pas pourquoi : c’est un aspect parfaitement normale de la vie humaine ou plus exactement de n’importe quelle espèce en fait. Je poserai la question plus tard, je suppose. Ou pas. Je ne sais pas si c’est pertinent. Ce que je sais c’est que je commence à dresser un portrait moins nébuleux de cet aspect des Humains qui sont absents chez moi. Attention : je n’ai pas dit que je comprenais et que par magie j’allais devenir bonne et vertueuse. Juste que ça commence à prendre forme et que si c’est toujours un non-sens à mes yeux, j’arrive à considérer la chose sans passer des commentaires incendiaires. On s’améliore, un pas à la fois. La curiosité l’emporte sur le mépris, c’est une première. Je vois Jean se mettre nu pied et marcher dans le sable et je décide de l’imiter.

Quel est ce curieux sentiment? Est-ce ça se sentir bien? Je ne sais pas. J’imite ce que Jean fait et je décode ses émotions de surface. Je me fais en quelque sorte son miroir. Ce ne sont pas mes expériences à moi. Je sais qu’il faudrait que je fasse mes propres découvertes mais il faut commencer par un exemple, par quelque chose. Ces sentiments ne veulent encore rien dire pour moi mais je les enregistre quand même. Ça peut toujours servir. Je ne suis pas nécessairement patiente par-dessus le marché… Je ne sais trop quoi penser pour le moment. Du nerf, Countess. Du nerf. Si tant est que c’est réellement mon nom. C’est la première appellation qu’on a utilisé pour me désigner alors… Je suppose que c’est mon nom. Ou une forme de. Peu importe, ce n’est pas ce qui est important en ce moment. Observe. Assimile. Apprends. Ensuite on se concentrera sur le reste.


« Pourquoi est-ce mal d’aller regarder les souvenirs d’autrui? Tu as dit ou impliqué vouloir m’aider. Il est donc logique que tu mettes à ma disposition toutes les ressources disponibles pour ce faire. Ce qui naturellement implique tes pensées. S’il y avait quelque chose de privé, tu le protègerais férocement, non? Marquer ton territoire pour faire comprendre aux autres que c’est à toi et à toi seule… »

Le ton n’est pas condescendant ou supérieur comme Jean aurait autrement pu s’y attendre. J’essaie vraiment d’apprendre ce qu’il faut faire pour mieux évoluer au sein des sociétés humaines. Autant je me dis que c’est peine perdue, autant je me dis que je refuse d’abandonner. Mon orgueil ne le supporterait tout simplement pas. Et puis du reste, abandonner, ce n’est pas dans les traditions de Battleworld. C’et probablement un des rares éléments utile et transposable dans le monde des Humains. Et encore, je n’en suis pas tout à fait certaine. Mais ce n’est pas bien grave. Dans l’absolu, ce qui est important c’est l’apprentissage en cours et je… Mais qu’est-ce qu’elle fait? Pourquoi elle ouvre les bras comme ça? Je la regarde sans réagir, pas méfiante mais… Non je ne comprends pas la signification de ce geste qui… Oh. Je vois. Je vois…

Elle veut que j’expérimente ce qu’est un câlin. D’accord. Prêtons-nous à l’exercice et… Voilà qui est fâcheux. Un, quelle force doit-on utiliser pour faire un câlin? Deux, quelle est la durée d’un câlin? Trois… Comment suis-je supposée réagir? Dès qu’elle me touche je suis plus tendue qu’une boite de ressorts et mon retour de geste est au mieux maladroit. Et j’ai bien dit : au mieux. Je ne pense pas avoir été aussi inconfortable de toute ma vie car le geste que je pose est contraire à tout le conditionnement reçu sur Battleworld. Plus exactement, dans le domaine de Killville. De dire que c’est embarrassant n’est que gratter très légèrement la surface des choses. Que quelqu’un fasse quelque chose et vite avant que je ne meure de honte. C’est bien trop étrange pour mon goût. Comment les Humains peuvent apprécier ce genre de contact physique, c’est surréaliste, oui!


« Pourquoi est-ce que je me sens si inconfortable? Je pensais qu’un câlin se devait d’être agréable. Je ne trouve pas ça agréable du tout, c’est horriblement stressant. Déjà, ne pas trop savoir quoi faire et ensuite devoir opérer à l’aveugle pour en deviner le fonctionnement…Une chance que ta force est d’enseigner parce que je ne me sens clairement pas dans mon élément ou à mon avantage en ce moment. »

Est-ce que je viens d’admettre une faiblesse? Je peux vous assurer que c’est de façon parfaitement inconsciente parce que jamais au grand jamais je n’aurais dit une telle chose autrement, je peux vous le garantir sans l’ombre d’un doute. C’est bien mal me connaitre si vous pensez autrement. Voilà qui est fâcheux si je commence à abaisser mes défenses de la sorte. Ce n’est clairement pas moi, pas mon genre, pas ma façon de faire… Suis-je en train de me mettre moi-même en danger? Je ne sais pas. Je ne sais plus. J’essaie d’assimiler tellement de choses en même temps en ce moment… Il va me falloir de la pratique et de l’entrainement avant d’être confortable avec l’idée d’un contact physique. Et ne pensent-ils pas au risque de se faire contaminer par un virus ou quelque chose d’assimilable en se collant ainsi aux autres? Quelle imprudence!

Je finis par me séparer de Jean, avec un peu plus de brusquerie que je n’aurais voulu en mettre. Mon inconfort est palpable, pas besoin d’être télépathe pour le sentir. Mais ma détermination est considérablement plus forte. Ça non plus, pas la peine d’être télépathe pour s’en apercevoir. Je ferai des progrès. Rapides et décisifs. Je l’ai déjà dit, j’apprends vite. Et abandonner ne fait pas partir de mon vocabulaire. Encore heureux, autrement j’aurais déjà battu en retraite depuis un moment déjà. Comme quoi parfois, ce sont des réflexes de bataille qui peuvent produire les résultats les plus inattendus. C’est bien ce qui est en train de se produire après tout. Si on m’avait dit un jour que c’était possible, j’aurais très certainement rit avant d’éliminer le fou derrière ces balivernes. Mais là, maintenant, tout de suite, cela ne me semble plus si improbable que cela.


« Prenons une courte pause. Je suis trop sur les nerfs pour faire des progrès adéquats. Veux-tu quelque chose à boire ou à manger? Je n’ai pas vraiment besoin de ces choses mais j’avoue aimer imiter vos habitudes de vie de temps en temps. La cuisine c’est comme la chimie sauf qu’au lieu de produire des armes, on crée quelque chose de délicieux et d’inoffensif. Curieux parallèle mais pourtant bien réel. »
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Jean Grey


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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Ven 30 Juin - 12:39

A en juger par la réaction de Courtney, cette dernière ne comprenait pas la réflexion de Jean. Sans doute s'estimait-elle dans son bon droit à allant ainsi voir dans les souvenirs de la rousse, comme si cela était un dû. Sa notion du partage n'était pas vraiment similaire avec celle de la Terre. Elle ne semblait pas s'embarrasser de savoir si oui ou non elle avait la permission de se servir : lorsqu'elle voulait quelque chose, elle le prenait, tout simplement. Encore une fois, les explications qu'elle fournit par la suite, éclairèrent un peu plus Jean. Solas, comme déjà auparavant, tirait des conclusions un peu trop hâtives. Certes Jean lui avait dit vouloir l'aider à comprendre, mais cela ne signifiait pas qu'elle lui laissait carte blanche. Les choses ne fonctionnaient pas ainsi dans le monde.

« Je ne suis pas contre le fait que tu puisses bénéficier de mon expérience, la corrigea-t-elle, au contraire. Mais tu ne peux pas piocher dans mon esprit de manière aussi … désinvolte. Ce n'est tout simplement pas correct. »

Voyant que son explication n'était pas très clair pour Courtney, la mutante tenta de reformuler.

« La communication est le fondement des relations sociales. C'est ce qui permet d'entamer les rapports entre les gens … d'instaurer un climat de confiance. Il aurait donc été bienvenue que tu me demandes la permission de lire dans mon esprit, avant de le faire. Ainsi, je n'aurais pas eu l'impression de voir ma conscience pillée, et j'aurais senti que tu me portais de l'intérêt, en t'assurant que j'étais d'accord. »


Vint ensuite l'épreuve de l'étreinte. Ne sachant comment s'y prendre, Courtney fut des plus maladroites, ses gestes manquant clairement de délicatesse. Cependant, Jean ne lui en tint pas rigueur, car après tout, c'était certainement la première fois qu'elle s'autorisait un tel geste. Mais le pire était à venir, puisque lorsque Jean referma à son tour ses bras sur elle, Solas se crispa, incapable d'apprécier l'instant, d'en comprendre le sens, ou tout simplement de se laisser aller. Elle resta là, immobile et tendue, totalement silencieuse, à la limite de retenir sa respiration. Un instant, la mutante espéra avec les secondes qui défilaient, que Courtney finirait par se détendre … mais rien de tout ceci ne se produisit. Pire, c'était le malaise qui émanait d'elle … rien d'autre.

N'y tenant plus, Courtney relâcha Jean, préférant mettre un terme à ce câlin, incapable d'en éprouver le moindre bénéfice, ou encore d'en tirer la moindre leçon. La rousse le voyait bien, son interlocutrice était autant frustrée et agacée par ce moment, que mal à l'aise. Sans doute Grey était-elle allée trop vite. Pourtant, autant, cela ne signifiait pas que tout était perdu. La détermination de Courtney était encore palpable. Toutefois, elle demanda à sa prisonnière une pause, énervée par cet échec, elle souhaitait sans doute se donner un peu de temps, pour réfléchir. D'un signe de tête affirmatif, Jean accepta la proposition, finissant par s'asseoir à même le sable. Solas lui proposa alors de manger quelque chose, lui révélant au passage que c'était une activité qu'elle appréciait.

« Euh … pourquoi pas », même si à dire vrai, la rousse ignorait ce qu'il pouvait bien y avoir à manger dans un endroit pareil.

Plusieurs longues secondes, Jean resta silencieuse, se contentant d'observer la plage et la mer qui s'étendaient devant elle. Elle songeait à ces dernières minutes, aux diverses questions et réactions de Courtney, à ses fausses idées au sujet de la nature des relations humaines, de l'amour et du soutien. Finalement, elle se décida à rompre son silence.

« L'amour, ce n'est pas que du bonheur et des moments agréables. Enfin, ça l'est dans la très grande majorité du temps, mais … parfois, l'amour fait mal aussi. Il peut même anéantir tant la souffrance qu'il peut engendrer est puissante. Alors, si vous voulez vraiment apprendre ce qu'est le bien, vous devez faire en sorte de ne jamais utiliser l'amour pour nuire à une autre personne … vous avez suffisamment de possibilités pour y parvenir sans avoir recours à ce stratagème. »

Une nouvelle fois, Jean resta silencieuse avant de reprendre.

« Ce que je veux dire ... c'est que l'amour ne doit pas être vu comme une arme ... et encore moins être utilisé ainsi. C'est quelque chose de bien trop noble et de bien trop pur pour qu'on l'abaisse à ce niveau. »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Ven 30 Juin - 16:42

« L’amour peut être utilise comme une arme? Curieux alors qu’il n’existe pas dans le domaine de Killville… Je ne dis pas que je vais l’utiliser comme tel. Simplement que venant d’un endroit où tout se doit d’avoir une fonction permettant de tuer ou blesser… Les Humains sont masochistes et illogiques parce qu’ils honorent l’amour mais cette faiblesse est en fait une force? Inconcevable… »

Je commente à voix haute mais mes propos ne sont pas discriminatoires ou méprisants. J’essaie juste de comprendre, c’est tout. Ce n’est pas toujours facile, il faut bien l’avouer. Tant de concepts qui n’ont à mes yeux aucun sens et qui pourtant fonctionnent ici… Ne jamais utiliser l’amour pour blesser. Curieuse notion. J’ai appris bien vite que tout avantage se doit d’être exploité. Qui plus est, j’ai le distinct souvenir d’avoir observé des gens utiliser l’amour à leurs propres fins. Un amour à sens unique, en quelque sorte. J’hésite pendant un long moment avant de presque timidement pousser une pensée vers l’esprit de Jean Grey. Elle a dit que prendre sans demander n’était pas socialement acceptable : peut-on donner sans demander? Je ne sais pas, nous n’avons couvert qu’un cas de figure. Je commence à me demander si je vais finir par m’en sortir.

La pensée que je pousse vers son esprit est ma propre observation de gens qui utilisent l’amour comme une arme, à leurs fins. Des gens que j’ai observés à leur insu, naturellement. J’essaie de comprendre, je le répète encore une fois. Elle me dit de ne pas le faire, comme si c’était une sorte de « loi non écrite » mais au sein de sa propre espèce, ils le font malgré tout. Mon côté survivante de l’apocalypse est titillé. Si c’est eux le font, je devrais aussi pouvoir le faire. Disposer d’un avantage supplémentaire. Toujours avoir un arsenal bien rempli pour être prête à toute éventualité. Vouloir comprendre les Humains et essayer d’apprendre la logique de ce monde, ce concept de « bien » ne veut pas dire renier, ignorer qui je suis ou ce que je suis. Très certainement pas. Le temps que Jean accepte la pensée ou non, je nous conduis vers un bâtiment non loin. Mon domicile.

Il s’agit d’une gigantesque tour de verre et de métal fortement éclairée et pleine de plantes pour mettre de la vie et amener de la couleur. Venant de quelqu’un qui est habitué à la ruine et à la mort, cela pourrait en surprendre plus d’un mais je suis quand même capable d’apprécier ce qui est forme et harmonie malgré tout. S’il n’y a pas de présence humaine ici, il y a quand même une vie animale et végétale bien établie et par les grandes fenêtres, on peut voir la mer, les poissons, les oiseaux… Une vue de carte postale dans une structure érigée de la main de l’homme. En fait, de la main de la femme, si tant est que je puisse être considérée comme une femme. Vous savez ce que c’est : si vous n’êtes pas de la race humaine, on remet tout ce qui vous concerne en doute. Enfin bon. Nous entrons et je guide Jean jusqu’à une grande salle de banquet… Même si je vis seule ici.

Tout est très contemporain, acier inoxydable et verre donnent le ton à la décoration avec une absence totale de bois dans le design. Les seuls éléments organiques sont les plantes que j’ai mentionné et un observateur averti ou un horticulteur amateur remarquera que ces plantes sont soit médicinales ou utilisées en cuisine. Il n’y a rien qui soit là « simplement » pour la décoration. Nous ne sommes pas assises et je me rends compte que comme Jean ne m’a pas dit ce qu’elle voulait boire et manger, la logique voudrait que j’aille chercher l’information à la source soit directement dans sa tête. Le seul problème c’est que de ce que je comprends, il ne faut pas faire ça. Tout du moins c’est ce que la télépathe m’a dit. Était-ce volontaire, une sorte de test ou est-ce un oubli tout ce qu’il y a de plus honnête? Je ne peux que me poser la question. Hum…


« Jean, peut-être est-ce un oubli mais je ne sais pas ce que tu veux manger ou boire et à moins d’aller le chercher directement dans ta tête, ce à quoi tu t’objectes, je ne peux rien préparer. J’exige de savoir… Non. J’aimerais savoir ce qui te ferait plaisir pour prendre les mesures qui s’imposent. Si tant est qu’il s’agit de la bonne formulation pour ce genre de choses. C’est ainsi qu’il faut demander, non? »

Je lui désigne un siège pour qu’elle puisse s’asseoir puis me ravise. Je suppose qu’elle peut choisir celui qu’elle veut. C’est une grande table, il y a plusieurs possibilités. Peut-être est-ce impoli de décider pour les autres, qu’en sais-je. Personnellement je me dis que ça rend la gestion des choses plus faciles mais encore là, c’est une vision teintée par mes souvenirs de Killville. Ironiquement, c’était tellement plus simple là-bas qu’ici. Tue ou sois tué. Point. Ici… Un sourire peut dire un tas de choses différentes et les choses ne sont jamais comme elles sont supposées être. Je ne critique pas pour le plaisir de critiquer. Tout ceci est nouveau pour moi et le changement fait peur, qu’on soit Humain, extraterrestre ou carrément d’ailleurs. Au moins je progresse. J’apprends vite. J’assimile vite. Un des rares points positifs de Killville.

Avant que Jean n’aille s’asseoir, je décide de tenter quelque chose. Un câlin. Un autre. Sauf que cette fois, Jean me fait dos donc le contact physique réciproque, je n’y serai pas sujette. Ça devrait donc moins me crisper ou me rendre nerveuse. C’est maladroit comme geste, beaucoup moins que la première fois et au lieu d’être juste un geste mécanique et froid, il y a un peu de tiédeur. Ce n’est pas encore la proverbiale chaleur humaine mais il y a des progrès. C’est aussi quelque chose de bref. Pas plus d’une quinzaine de secondes. Au moins j’aurai essayé quelque chose. Fait un effort. On ne pourra pas m’accuser de ne pas avoir essayé ou de faire montre de mauvaise volonté. Quelle étrange sensation que celle où on ne tente pas de vous tuer et où vous pouvez apprendre sans avoir l’impression d’avoir un pistolet sur la tempe… Je suppose que je finirai par m’habituer.


« Question. Tu as dit tout à l’heure que parce que je ne t’avais pas demandé la permission de fouiller ton esprit, tu avais eu l’impression que je ne te portais pas d’intérêt et que je pillais tes pensées. Pourtant, je ne me serais pas donné cette peine si je ne te portais pas d’intérêt et je n’y aurais pas été de façon si peu intrusive. Autant j’essaie d’apprendre de toi, autant je me dis que tu peux apprendre de moi, non?

Tu juges mes actes selon ce que tu connais. Ne t’est-il pas venu à l’esprit que là d’où je viens, c’est ce qui se rapproche le plus d’une façon de faire dite respectueuse? Peut-être est-ce que vous, les Humains, avez à apprendre d’un vrai partage libre de l’information, alors. Comme quoi il n’y a pas que du mauvais là d’où je viens. Si j’avais pillé tes pensées, tu ne serais pas en aussi bon état, de cela je puis t’en assurer. »
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Sam 1 Juil - 10:13

Courtney sembla étonnée d'apprendre que l'amour n'était pas une chose à utiliser pour nuire aux autres, et la télépathe comprit bien vite cette réaction lorsqu'elle se vit partager un souvenir, celui d'humains se servant des sentiments pour blesser leurs proches. Jean devait bien le concéder, son interlocutrice marquait un point. Toutefois, cet exemple n'invalidait pas ce que venait de dire la mutante. Il indiquait simplement que parfois, respecter une bonne ligne de conduite n'était pas toujours simple, et qu'il arrivait qu'il y ait des dérapages.

Solas conduisit sa prisonnière vers une structure effilée d'acier et de verre., une architecture épurée et moderne, qui s'intégrait pourtant de manière très harmonieuse dans le décor. Après quelques minutes de marches, elles arrivèrent dans une vaste salle, à l'intérieur de laquelle était entreposé un mobilier de salle à manger au style moderne, en parfaite adéquation avec le reste du bâtiment. Dans tout ceci, il y avait une impression futuriste, un peu dans la même veine que les bâtiments de Stark Industries, mais en beaucoup plus sobre. Ici, il était évident que le côté pratique avait été privilégié au côté tape à l’œil.

La réflexion de Courtney fit doucement sourire Jean, lorsqu'elle lui demanda ce qu'elle désirait manger, n'ayant pas voulu une nouvelle fois directement regarder dans sa conscience. La mutante était satisfaite de cette manière de faire, il y avait un progrès indéniable. Même la manière dont elle formulait ses phrases, notamment sur ses demandes, était beaucoup plus adaptée.

« Oui, c'était parfait et totalement adapté comme manière de demander, la conforta-t-elle. De cette façon, tu ouvres une discussion, ce qui permet d'établir ou de renforcer des liens sociaux. Et pour te répondre, je dirais que j'apprécierais énormément une part de tarte au citron meringuée avec un thé, s'il te plaît. »

Courtney lui indiqua ensuite une place sur laquelle elle pouvait aller s'asseoir, mais sembla se raviser, comme si elle hésitait. La mutante lui adressa un discret sourire, et alors qu'elle allait pour prendre place sur la chaise précédemment désignée, elle sentit des bras se refermer autour d'elle. Surprise dans un premier temps, elle se crispa légèrement, mais finit par rapidement se détendre en comprenant ce qui était en train de se produire. Solas tentait sans doute une nouvelle fois de comprendre le principe du câlin. Silencieuse, la mutante la laissa donc faire, la sentant moins en difficulté que la première fois. Il y avait là aussi un net progrès. Une fois libérée, Jean alla donc s'asseoir.

Ce fut à ce moment là que Courtney fit part de quelques-unes de ses observations. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi Jean avait eu l'impression de ne pas l'intéresser, notamment lorsqu'elle avait lu dans sa conscience sans son accord. Elle lui fit ensuite remarquer que c'était peut-être la mutante, et les humains de manière générale, qui se trompaient, et qui avaient beaucoup à apprendre de Courtney. Face à ces remarques, Jean ne put se retenir de hausser un sourcil.

« Je pense que tu as mal interprété mes propos. Lorsque je disais qu'en ne me demandant pas, tu ne t'intéressais pas à moi, ce n'était pas dans le sens que tu ne me portais pas d'intérêt. Ça, je l'ai bien compris. Mais dans le cas présent, je ne parlais pas d'un intérêt pour ce que je peux t'apporter, mais plutôt du fait d'avoir de la considération pour moi … d'avoir de l'intérêt pour mon bien-être. Mais avec les attentions que tu viens de me porter, notamment en me proposant quelque chose à manger … je vois bien que je me suis sans doute trompée à ton sujet. »

Jean laissa un instant si regard dériver sur ce qui l'entourait, observant les lignes simples et élégantes de l'architecture des lieux.

« Quant à savoir si ce n'est pas plutôt l'humain qui ne voit pas les choses sous le bon angle … à ça, je répondrais : notre société, notre manière de voir les choses. C'est toi qui viens ici, il est donc normal que ce soit à toi de te plier à nos coutumes. Tu peux certes apporter ta contribution … mais en aucun cas, tout révolutionner. Après tout, d'après ce que j'ai compris sur ce que tu sais … tu ne voudrais pas amener Killville chez nous en y amenant ses mœurs, n'est-ce pas ? Quant à notre manière de percevoir le partage … tu pourrais encore être surprise. »

La mutante préféra ne pas relever le point de vue de Solas au sujet de ce qu'il se serait produit si cette dernière avait réellement tenté de piller sa conscience. Certes, elle ne connaissait pas le potentiel télépathique de son interlocutrice, mais Jean connaissait suffisamment ses propres forces pour savoir qu'elle pouvait être une redoutable adversaire sur ce plan là.

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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Sam 1 Juil - 11:58

Mais elle fait exprès, ce n’est pas possible. Une part de tarte au citron meringuée, ça je veux, bien, c’est clair et précis mais quel genre de thé? Noir, vert, blanc, épicé, fruité, sans caféine? Mon réflexe est d’aller chercher l’information directement dans sa tête et Jean peut donc sentir le début d’une intrusion avant que je ne m’en aperçoive et y mette brutalement un terme. Bordel, quelle conne quand même. J’essaie d’apprendre à comprendre les Humains et je me réfugie constamment dans ma zone de confort. Comment voulez-vous faire des progrès dans ces conditions? C’est enrageant, voilà ce que c’est. De la discipline, Countess. De la discipline. Comment tu veux espérer t’améliorer sinon? Je décide de changer de stratégie. D’essayer quelque chose. D’expérimenter. Et si ce manque de précision était parfaitement volontaire?

C’est parfaitement possible, après tout. Peut-être que c’est un test. Justement pour voir comment je vais réagir comme je suis quelqu’un qui aime que les choses soient claires et nettes, comment je vais obtenir l’information, en allant chercher l’information sans son consentement ou en le lui demandant… Et pourquoi pas m’enseigner que prendre des risques, tenter quelque chose, n’a pas forcément que des conséquences tragiques sur Terre? C’est possible, ça. Qu’elle me laisse la possibilité de choisir pour elle, de prendre l’initiative de régler un problème sans avoir toutes les données en main. Ce ne serait pas impossible. Désarmant, certes et pas forcément à mon goût mais on obtient rarement tout ce qu’on veut de toute façon. Soit. Prenons un risque. Soyons folle. J’ai envie de voir ce que ça va donner. Essayons de deviner ce que Jean pourrait aimer en l’observant.

Elle a demandé une part de tarte au citron meringuée. Le citron est un fruit très intéressant. Il contient plus de sucre qu’une fraise mais on ne s’en rend pas compte à cause de l’acidité. Un parallèle intéressant avec Jean Grey. Derrière un arsenal de pouvoirs que je suppose redoutable se cache quelqu’un d’attentionné et de compatissant. Acidité, acide, vous savez, le genre utilisé comme arme? Donc ma réflexion se tient. Jean est également une rousse volcanique, avec son petit caractère. Qu’est-ce que cette information m’inspire? De la cannelle. Effectivement on pourrait l’ajouter au thé sans problème. Ensuite, quoi d’autre? Elle semble timide face à la sexualité mais devient presque les yeux brillants quand on parle d’amour. Il faut donc quelque chose de doux et sucré en complément. Sucre de canne, naturellement. Mais le thé en lui-même?

Je devine qu’elle a dû affronter la tragédie, donc un thé noir. Quelque chose de fort, en somme. Le temps d’infusion devient d’autant plus crucial. Jean Grey semble embrasser la différence, ce qui fait penser au mélange. Qu’est-ce qui se marieraient bien avec tout ça? Eureka! Il ne peut y avoir qu’une conclusion logique. Ce sera un thé chai. Et qu’on y trouvera-ton au final? Du gingembre, de la cannelle, des grains de poivre noir, des clous de girofle et de la muscade qui viendront équilibrer harmonieusement les notes sucrées de la réglisse et de l’anis étoilé. C’est décidé. Certes, je décide à sa place mais je suis convaincue que cela fait partie de l’exercice. Je me concentre sur chaque item du « menu » de Jean Grey et soudainement, à sa place à la table, la nourriture souhaitée apparait avec la théière et le reste. Pratique, la manipulation de la réalité.


« Voilà qui devrait te convenir. J’ai pris la liberté de choisir le thé faute de plus de précision. Quant à sa composition, tu peux toujours la lire dans ma tête, je n’ai pas forcément envie de me lancer dans des explications culinaires. Tout mon raisonnement est là-dedans. En espérant que tu aimes. Sinon, je te préparerai autre chose, ce n’est pas plus compliqué que cela pour moi. Un jeu d’enfant, même. »

Mon attitude désinvolte cache le fait que je suis furieuse après moi d’avoir presque consulté ses pensées sans demander la permission. Si concentrée que j’étais sur le « problème » de thé que je me rends compte que Jean a dit un tas de trucs dans l’intervalle. Mes sourcils se froncent à certaines de ses paroles et déjà que sous mon apparence d’origine je suis très pâle de coloration, je deviens encore plus blanche à la mention de Killville et de l’idée complètement hérétique de chercher à en transposer ne serait-ce qu’un fragment ici. Je pense que mon cœur a manqué quelques battements, en fait. Plus jamais je ne veux entendre une telle horreur prononcée en ma présence! Je lance un regard hostile à Jean mais c’est plus fort que moi. Comment a-t-elle pu dire une telle chose, à la légère qui plus est? De même émettre la possibilité que je puisse…

« Ne. Redis plus. Jamais ça. Est-ce que je me fais parfaitement bien comprendre? Plus. Jamais. Battleworld a été détruit et Killville avec et je préfère encore me pendre avec mes propres intestins que de même considérer vouloir en transposer un fragment ici ou n’importe où ailleurs dans l’existence. De mentionner cet endroit à la légère, pire encore d’insinuer que je pourrais même penser à… à… »

Je prends une grande respiration pour me calmer et les imperceptibles tremblements qui m’ont agité cessent. Du calme, Countess. Elle ne voulait probablement pas t’offenser. L’exemple était tragiquement mal choisi mais elle n’a pas dit ça pour te blesser. Tout va bien. Tu n’es pas menacée. De toute façon, ici, c’est chez moi et c’est là où je suis la plus forte. Personne ne serait assez stupide pour venir m’y attaquer. Les couleurs reviennent tranquillement sur mon visage. Moins vite que je ne l’aurais voulu mais on va faire avec. Je passe une main dans mes cheveux, un geste machinal mais qui a toujours eu le mérite de m’aider à faire le point. C’était un accident, Countess. Jean ne pouvait pas… Vraiment savoir. Elle essaie de t’aider, pas de te nuire. Ne montre pas trop les crocs, elle pourrait tirer les mauvaises conclusions et ce ne serait pas bien.

« Peut-être vas-tu juger que je réagis trop violemment. Permets-moi de faire un parallèle que tu ne pourras que comprendre. Imagines que je fasse des blagues où ton ami Scott meurt atrocement au cours du récit. Tu n’aimerais pas cela du tout. Tu le prendrais très mal et ça te mettrait sur les nerfs. C’est pareil pour moi quand il s’agit de Killville. Je suppose que je te pardonne ta faute, tu ne pouvais pas savoir. »

Jean, qui m’observe, veut, veut pas, depuis tout à l’heure, pourra remarquer quelque chose d’intéressant. Je dis que je lui pardonne mais je ne m’excuse pas pour mon comportement agressif. La logique vous pousserait à dire que je ne veux pas reconnaitre un tort mais observer la formulation. Pardonner. Pardonner n’existe pas là d’où je viens. Ce qui veut dire que si j’inclus la chose dans ma phrase, c’est que je fais l’effort d’intégrer des concepts humains. Quelque chose qui, il y a encore une demi-heure, une heure, aurait été impensable. Et peut-être que ce n’est pas employé comme ce devrait l’être mais la petite victoire est là quand même. Je ne l’ai pas menacé de mort, j’ai tenté de lui faire comprendre pourquoi ça me dérange et je lui dis que sa faute est excusée. Ce n’est pas un sérieux progrès, ça? Moi je pense que oui!
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 5 Juil - 17:27

Lorsque Jean fit part à son hôte de ses souhaits en matière de repas, la mutante put sentir chez cette dernière une pointe d'agacement. Il semblait bien qu'une nouvelle fois, elle n'avait pas parfaitement répondu à ses attentes. Mais comme Grey le lui avait déjà fait remarquer, les humains n'étaient pas parfaits, loin de là même. La rousse sentit alors assez rapidement après cet épisode, une nouvelle intrusion dans son esprit. Courtney, peu satisfaite par la commande approximative de sa prisonnière, était donc allée chercher les informations là où elle se trouvait. Pourtant, elle se résigna assez rapidement, se rappelant sans doute ce que lui avait dit un peu plus tôt Jean. Il sembla finalement que la maîtresse des lieux choisit une autre alternative pour tenter de satisfaire la télépathe, tentant de se détendre, pour finalement faire apparaître devant elle une part de tarte, ainsi qu'un thé aux senteurs multiples. D'un discret signe de tête, Jean la remercia avant de humer les parfums de sa boisson chaude.

Mais lorsque la mutante aborda le fait qu'il n'était sans doute pas prudent de vouloir transposer certains modes de réflexion de Battleworld dans cet univers, Solas devint soudainement blême, alors qu'elle était gagnée par une fureur qui fit sursauter la rousse. Pour n'avoir fait qu'une simple allusion à ce monde, Courtney hurla, ordonna à sa prisonnière de ne plus jamais prononcer une seule fois ce nom. Devant cette attitude, le visage de Jean se ferma de déception face à un tel comportement et de telles accusations. Puis, calmement, alors que Solas continuait ses vociférations, elle reposa la tasse de thé sur la table, sans même y avoir goûtée et repoussa légèrement l'assiette contenant la part de tarte du bout des doigts.

Après de longues secondes, la créature tenta de regagner son calme, prenant sans doute conscience de sa réaction excessive. Toujours aussi distante et silencieuse, la télépathe la laissa faire, l'observant légèrement de biais. La suite du discours de Solas acheva de convaincre Jean sur l'impasse qui se profilait. Courtney compara la mise en garde de la mutante sur un danger réelle … à une blague de mauvais goût ? Prenant une nouvelle fois à parti Scott ? Est-ce qu'elle réalisait un seul instant qu'à aucun moment Jean n'avait eu l'idée de plaisanter avec son passé ? Que la rousse mettait simplement en avant le risque de ramener ce cauchemar qu'elle avait fuit si ardemment, simplement en pensant que son point de vue, né de cette dimension d'horreurs et de terreurs, était préférable à celui qu'elle avait rencontré dans un univers déjà établi et dans lequel elle venait si fraîchement de débarquer ? Cette situation devenait encore plus surréaliste qu'elle ne l'était déjà … ce qui au regard du contexte, était peu dire. Ultime faux pas de Courtney, elle considérait que l'erreur avait été faite par Jean, acceptant même de la pardonner. Il n'y avait donc aucune remise en question raisonnable ? Quand bien même elle avait fait preuve d'une sorte de clémence en la pardonnant … pensait-elle qu'elle méritait des lauriers ? Une nouvelle fois, c'était une attitude erronée de sa part. Dans un contexte où l'on cherchait à obtenir la confiance de l'autre, c'était un échec sur toute la ligne.

Se calant dans le fond de sa chaise, Jean croisa les bras devant elle, observant toujours son interlocutrice avec un air désapprobateur.

« Je crois que nous perdons notre temps, finit-elle par dire. Vous restez sur vos acquis, convaincue qu'ils sont légitimes dans notre monde … et c'est ce qui vous empêchera d'avancer … de nous comprendre … de comprendre les notions de bien et de mal … ou encore d'amour. »

Le vouvoiement était revenu volontairement. Jean tenait à montrer qu'elle n'acceptait pas ce qu'il venait de se passer : ni le ton employé, ni les accusations proférées, ni l'allusion à Scott, ni même l'attitude colérique et impérieuse. Si Courtney prétendait pourvoir la pardonner, si tant est qu'elle sache réellement ce qu'est le pardon, de son côté, la mutante ne l'excuserait pas aussi facilement.

« Pour je ne sais quelle obscure raison vous pensez que je me permettrai de plaisanter sur ce qui vous est arrivée … alors c'est que vous m'avez bien mal cernée. Je tente simplement de vous faire comprendre que ce qui était valable là-bas, ne doit pas être appliqué ici … mais vous vous entêtez. Pire ! Vous laissez votre impulsivité vous dicter vos actes et vos propos. Qui êtes-vous pour m'interdire de dire ou de faire telle ou telle chose ? Lorsque l'on cherche la connaissance, on l'accepte en entier … on ne se contente pas de sélectionner à notre convenance les choses qui nous plaisent. »

A aucun moment, la voix de Jean ne s'était montrée agressive ou ne s'était élevée. Elle était simplement froide, avec une pointe de reproche.

« Changez votre attitude, et alors, je reverrai peut-être ma position. »

Sur ces derniers mots, Jean détourna le regard, se contentant de regarder l'horizon par la baie vitrée. La mutante avait bien tenté de créer un rapport de confiance. Mais puisque Courtney ne semblait pas capable de voir les choses autrement que par un rapport de forces, alors, Grey avait décidé de lui offrir ce qu'elle souhaitait.
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MessageSujet: Re: [Flashback][Greenville] Le dragon et le phénix (PV Jean Grey) (Terminé)   Mer 5 Juil - 21:02

Mais c’est d’un frustrant… Je fais d’énormes efforts pour comprendre et m’adapter et j’ai l’impression de tout faire de travers alors que je sais pertinemment que c’est faux. Je peux accepter une part de responsabilité, oui. Il est hors de question que je prenne le blâme en entier. D’autant que je sache, elle essaie de m’apprendre à penser et agir comme les habitants de ce monde et j’essaie de m’ouvrir à elle, de lui montrer comment je pense pour harmoniser le tout. Très bien. Tu veux le prendre sur ce ton, soit. On va essayer quelque chose de différent. Un peu de… Psychologie inversée, on va dire. Depuis le début, elle essaie de me montrer comment ce monde pense et agit et je me retrouve sur la glace mince à tenter de comprendre comment tout fonction. Cent quatre-vingt degrés! Machine arrière! Je prends le commandement.

Plutôt que d’aller fouiller dans sa tête, je vais lui offrir certains de mes souvenirs, je les pousse vers sa conscience, sans insister, sans forcer, juste comme… Comment dire… Vous savez quand les enfants humains font un dessin et qu’ils veulent le montrer à leurs parents? La sensation est similaire. Elle appelle à la curiosité. Elle dit « regarde, je veux te montrer quelque chose ». L’apprentissage est une chose. Cependant si quelque part en moi il y a un blocage, un obstacle que je ne peux surmonter efficacement, à deux esprits, nous devrions parvenir à quelque chose. Je refuse d’abandonner. Je n’abandonne jamais. C’est bien le problème, certains disent que je ne sais pas quand m’arrêter. Je ne sortirai pas de cette bulle dimensionnelle tant que les résultats ne seront pas satisfaisants à mon goût. Faites-moi confiance, je sais être déterminée et obstinée quand je le veux.


« Bon. Visiblement si ta méthode ne fonctionne pas, on va essayer autre chose. Tu m’as expliqué pas mal de trucs et de concepts et manifestement, quelque part, ça coince. Il y a quelque part en moi un blocage, un obstacle, quelque chose qui m’empêche d’assimiler convenablement ce que tu tentes de m’expliquer. Nous allons trouver ce quelque chose et s’en débarrasser. Logique, tu ne crois pas? »

Je dois être en train de devenir complètement folle. Je suis en train de jouer dans MA tête et d’y inviter une étrangère juste pour pouvoir continuer à vivre ma vie tranquille et ne pas me retrouver à dévaster la moitié de ma ville en bottant le cul à je ne sais quel super héros ou justicier ou autre venu pour m’emmerder, volontairement ou non. Où est passé la Countess qui pulvérisait sans état d’âme tout ce qui bouge? Je me pose très sérieusement la question. Est-ce une bonne chose ou une mauvaise chose? En général, le changement, c’est bien. Mais là, suis-je en train de découvrir quelque chose de nouveau me concernant ou suis-je en train de me perdre, tout simplement? Je suis prête à prendre le risque, quoi qu’il m’en coûte. J’ai survécu à pire. Je suis convaincue que je peux m’en sortir. Enfin. J’espère de tout cœur que ce sera effectivement le cas.

En lui donnant accès à mes souvenirs, je lui donne accès à tout ce que j’ai pour qu’elle puisse mieux me comprendre voire trouver un angle d’attaque à notre… À mon… À ce problème. Je veux comprendre. Je veux pouvoir mieux m’implanter sur Terre. J’ai passé une éternité à dériver sans trop de choix ou de but et avant ça, j’ai passé ma vie à survivre. Je veux vivre, merde, ce n’est pas demander l’impossible. Et si pour ce faire je dois changer un certain nombre de comportements… Soit. Je vous ferais remarquer que l’adaptabilité, c’est ce qui fait la force de ceux qui vont évoluer. Qui n’évolue pas stagne et sera balayé avec l’ancien monde. C’est un fait. Je n’ai d’autre choix que d’embrasser le changement ou je suis perdue. Ma détermination est inflexible et je réussirai. Je réussirai même si c’est la dernière chose que je doive faire en ce monde, c’est compris?


« Tu as devant toi mes souvenirs. Ce que j’ai vécu sur Battleworld. Quelque part dans tout ceci se trouve le nœud du problème. Un regard extérieur est crucial. Je ne suis pas idiote. Je vois bien que nous n’arrivons pas aux résultats voulus. Peut-être est-ce contraire à vos coutumes mais je ne suis pas du genre à rester passive. Problème. Élimination du problème. Problème résolu. Je veux t’aider. »

La dernière phrase peut sembler… Cryptique mais comprenez-moi bien. L’échec est quelque chose que j’ai en horreur. Donc logiquement je veux réussir. Il y avait des progrès puis il y a eu un malentendu. Nous avons avancé d’un pas pour reculer de quatre. Autrement dit, ce n’est pas une bonne chose. Et je compte bien rectifier la situation. Reculer d’un pas pour avancer de quatre. C’est ou plutôt ce serait beaucoup mieux. Et je suis convaincue que c’est possible. Évidemment, en parallèle, je regarde mes propres souvenirs en essayant d’identifier ce qui pourrait coincer. Pour quelqu’un qui a vécu tout ça, le manque de recul est flagrant. Je pense, cependant, avoir identifié quelque chose. C’est assez récent, si on considère que ma vie se chiffre en millénaire. Mon arrivée sur Terre pour la première fois. À peine arrivée que je me faisais déjà attaquer.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Cette damnée justicière ou plutôt pseudo justicière prétendant agir dans l’intérêt de Battleworld qui ne cessait de défaire ce que je faisais et qui avait survécu à la destruction de notre monde en me courant après… Coupable avant même d’avoir ouvert la bouche ou d’avoir foulé correctement le sol de cette planète. Je me souviens très bien de ce sentiment dévorant d’amertume et de colère. De me rendre compte que j’avais échappé à l’Enfer pour ne même pas avoir le droit à un répit. Je me souviens d’un autre moment, quand j’ai découvert Greenville et ce désir d’avoir mon petit coin à moi, d’appartenir à quelque chose, de bâtir pour moi. Je me rappelle d’un tas de moments où les événements n’ont fait que me rendre plus amère. Plus désillusionnée. Et évidemment, plus pessimiste, il va de soi. C’était inévitable.

Et à l’opposé de tout ceci, la Terre et l’espoir. Et… Et c’est là le problème, au moins en partie. J’ai peur de croire au meilleur. Je suis trop habituée au pire. Je ne peux pas être heureuse car je vis dans la peur de tout perdre et mes mauvais souvenirs seraient capables de briser votre esprit en fragments minuscules. Pas celui de Jean, évidemment, elle est d’une force mentale époustouflante. Cela dit, elle peut parfaitement lire dans mes souvenirs, en moi, tirer des conclusions. La peur d’avoir peur, comme diraient certains. On ne peut espérer aller de l’avant tant qu’il y a la peur. Quelque part en moi je le sais. Mais également, quelque part en moi, je ne suis pas capable de m’aventurer sur la bonne voie. C’est le défaut de la solitude. Vous tentez d’arriver à un objectif et faute de voir vos idées confrontées, vous vous y prenez mal et alors les problèmes s’accumulent.


« Je suis fatiguée de juste survivre. De courir. De fuir. De m’arrêter pour construire et de voir les soi-disant gentils détruire mon travail. Est-ce trop demander qu’un petit coin de l’existence pour avoir une serait-ce que le fantôme du goût de… Du… Oserais-je dire bonheur? Suis-je condamnée à une éternité de tourments parce que je n’ai visiblement pas droit à une chance? Tu es bien la première à même considérer la chose, Jean Grey! »
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